Publié le 4 novembre 2025 à 15h10. La Confédération sud-américaine de football (Conmebol) étudie la possibilité d’organiser la finale de la Copa Libertadores en dehors du continent, une première qui vise à accroître la visibilité et l’attrait mondial de la compétition.
- La Conmebol envisage d’exporter sa finale la plus prestigieuse pour développer sa marque à l’international.
- Des discussions sont en cours pour trouver un équilibre entre les revenus télévisuels et la promotion de l’événement.
- L’instance sud-américaine s’inspire d’initiatives similaires prises par l’UEFA, notamment l’organisation de matchs de championnats européens à l’étranger.
La Copa Libertadores, compétition annuelle lancée en 1960, est considérée comme le trophée le plus prestigieux du football de club en Amérique du Sud. Alors que la finale masculine de cette année entre Palmeiras et Flamengo se déroulera le 29 novembre à l’Estadio Monumental de Lima, au Pérou, la Conmebol explore désormais des pistes inédites pour l’avenir.
Juan Emilio Roa, directeur commercial de la Conmebol, a révélé que l’organisation de la finale en dehors du continent sud-américain a été abordée pour la première fois lors de récentes discussions.
« C’est un sujet qui est normalement sur la table et en cours d’évaluation. Nous avons désormais décidé d’une feuille de route pour les prochaines années, mais nous évaluons, c’est sûr. »
Juan Emilio Roa, directeur commercial de la Conmebol
Cette réflexion s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accroître l’intérêt pour la Copa Libertadores au-delà de ses frontières traditionnelles. La Conmebol travaille notamment sur le développement de la narration autour de l’événement et sur l’amélioration de l’expérience de marque.
« Cela fait partie des choses que nous devons faire pour accroître l’intérêt. Nous travaillons donc sur un mélange de choses pour susciter l’intérêt en dehors de l’Amérique du Sud. Nous travaillons sur le développement de la narration et de l’expérience de marque pendant la finale et essayons de produire plus d’histoires sur les clubs et les joueurs. »
Juan Emilio Roa, directeur commercial de la Conmebol
Cette initiative fait écho à des décisions récentes prises par l’UEFA, l’instance dirigeante du football européen. Le mois dernier, l’UEFA a approuvé l’organisation de matchs des championnats italien et espagnol à l’étranger. La Liga espagnole avait initialement prévu d’organiser un match entre Villarreal et Barcelone à Miami en décembre, mais ce projet a été reporté. La Serie A italienne, quant à elle, envisage de disputer un match entre l’AC Milan et Côme à Perth, en Australie, en février prochain. Plus d’informations sur les initiatives de l’UEFA.
Ce n’est pas la première fois que la finale de la Copa Libertadores est délocalisée. En 2018, la seconde manche de la finale masculine entre River Plate et Boca Juniors s’était exceptionnellement déroulée à Madrid, en Espagne, en raison de problèmes de sécurité à Buenos Aires. Le stade Santiago Bernabéu du Real Madrid avait été choisi pour accueillir ce match, remporté par River Plate 3-1 après prolongation. À l’époque, la Conmebol avait invoqué des raisons de sécurité, le caractère exceptionnel de la situation et la présence d’une importante communauté argentine en Espagne pour justifier cette décision. Communiqué de la Conmebol concernant la finale de 2018.
Parallèlement à ces réflexions sur le lieu de la finale, la Conmebol est en train de négocier les droits télévisuels latino-américains de la Copa Libertadores et de la Sudamericana pour la période 2027-2030. IMG, une agence mondiale de marketing sportif, est chargée de la vente de ces droits, qui seront répartis en sept lots pour le Brésil et sept pour le reste de l’Amérique du Sud. Le processus d’appel d’offres, ouvert le 30 septembre, se clôturera le 10 novembre. Selon Evandro Figueira, vice-président des droits d’IMG en Amérique latine, de nombreux diffuseurs – chaînes traditionnelles et plateformes de streaming – sont déjà sur les rangs.
« Nous ne recherchons pas de partenaires qui achètent les droits de la Conmebol, les mettent dans un tiroir et ne les diffusent pas, car ce n’est pas quelque chose qui contribuerait au succès de l’événement. »
Evandro Figueira, vice-président des droits d’IMG en Amérique latine
La Conmebol et IMG espèrent dépasser le chiffre de 1,5 milliard de dollars généré par la vente des droits télévisuels latino-américains pour la période 2023-2026.
« Les 90 minutes sont la partie la plus simple. La prochaine étape est la visibilité, non seulement sur les matchs eux-mêmes, mais sur tout ce que les diffuseurs feront autour des matchs. Ce que nous voulons savoir, c’est comment ils vont promouvoir leur retransmission et les compétitions de la Conmebol. »
Evandro Figueira, vice-président des droits d’IMG en Amérique latine
La finale de la Copa Libertadores de cette année sera diffusée dans plus de 190 pays, ce qui en fera l’un des événements sportifs les plus regardés de l’année. Un effort particulier a été fait pour s’adapter au marché européen, avec un coup d’envoi fixé à 21h00, heure d’Europe centrale (20h00 GMT, 15h00 EST, 12h00 PST). La Conmebol souligne son leadership en Amérique du Sud et l’empreinte mondiale croissante de la Copa Libertadores, notamment aux États-Unis et en Europe, grâce à la forte présence de communautés latino-américaines et de fans de football internationaux.
