Publié le 14 décembre 2025 17h08:00. Selon le cardiologue de renom Valentín Fuster, la clé d’une vie longue et en bonne santé réside dans un équilibre subtil entre bien-être émotionnel et engagement envers les autres, un lien souvent négligé par la médecine traditionnelle.
- Le bonheur, selon le professeur Fuster, n’est pas un simple état d’esprit, mais un comportement à cultiver quotidiennement.
- Il propose une approche basée sur quatre piliers – authenticité, attitude, acceptation et altruisme – pour atteindre cet équilibre.
- L’authenticité, en particulier, est présentée comme un rempart contre le stress et un facteur clé de vitalité.
À 82 ans, Valentín Fuster, directeur du Centre national de recherche cardiovasculaire (CNIC) et du Mount Sinai Cardiovascular Institute, livre une vision novatrice de la santé. Loin de considérer le cœur et le cerveau comme des entités distinctes, il affirme que la stabilité émotionnelle est indissociable de la santé physique. Son expérience accumulée au fil des années se résume en une affirmation simple mais puissante : « Les gens heureux sont en meilleure santé ».
Mais pour le professeur Fuster, le bonheur n’est pas une question de chance. Il s’agit d’un état qui se construit, jour après jour, en s’appuyant sur une base solide de maturité personnelle et de temps dédié à la réflexion. Il propose une structure articulée autour de quatre « A », des piliers fondamentaux qui doivent être érigés sur la reconnaissance de ses propres talents.
Le premier de ces piliers est l’authenticité. Le cardiologue insiste sur la nécessité d’être soi-même en toutes circonstances, sans chercher à adopter des « masques » sociaux. Cette cohérence interne permet d’éviter les tensions mentales liées à la dissonance entre l’image que l’on projette et la réalité de qui l’on est. La psychologie sociale confirme cette idée : l’authenticité est directement liée à la vitalité, tandis que l’incohérence est un facteur de stress.
Fuster illustre ce concept en soulignant que, dans des situations extrêmes comme une crise cardiaque, les hiérarchies sociales s’effacent. Un président et un simple citoyen se retrouvent sur un pied d’égalité, confrontés à la même vulnérabilité.
Le deuxième pilier est l’attitude. Il ne s’agit pas de nier les difficultés, mais de les affronter avec proactivité. Comme il l’exprime, « Je rencontre des barrières, mais je les surmonterai ». Cette perception d’efficacité personnelle contribue à réduire les niveaux de cortisol, l’hormone du stress, et à protéger le système cardiovasculaire.
L’acceptation constitue un troisième élément essentiel, un antidote à la frustration qui caractérise la société moderne. Fuster critique la tendance à se comparer constamment aux autres, illustrant son propos avec un exemple frappant : si un voisin possède une voiture de luxe comme une Maserati, la réponse appropriée est un simple « Et alors ? ». La science démontre que ces comparaisons inutiles accaparent des ressources cognitives précieuses et activent les circuits cérébraux liés à la menace.
Enfin, le quatrième élément, et peut-être le plus puissant selon Fuster, est l’altruisme. Sa conclusion est sans appel : « Les gens les plus heureux sont ceux qui donnent, pas ceux qui reçoivent ». Se sentir utile et collaborer avec les autres constitue un objectif vital qui stabilise les émotions. La neurobiologie moderne a confirmé que les actes de générosité activent le noyau accumbens, le centre de récompense du cerveau, procurant une satisfaction qui ne dépend pas de la reconnaissance extérieure.
Pour le professeur Fuster, la longévité et le bien-être ne dépendent pas uniquement des progrès de la médecine, mais aussi de la responsabilité individuelle et collective. Il critique la résistance aux lois visant à protéger la santé publique, telles que les réglementations sur le tabac ou l’obésité, rappelant que l’adoption d’habitudes saines est un élément fondamental pour construire une vie heureuse et épanouie.
