Home DivertissementLa fréquentation des cinémas en Iran chute de 20 % alors que l’inflation érode les dépenses de loisirs

La fréquentation des cinémas en Iran chute de 20 % alors que l’inflation érode les dépenses de loisirs

by Antoine Girard

Publié le 7 novembre 2025 18h16. La fréquentation des salles de cinéma en Iran a chuté de près de 20 % entre mars et début novembre, un indicateur alarmant de la détérioration de la situation économique et de l’impact sur les loisirs des ménages.

  • Les revenus totaux du cinéma iranien ont atteint 13 200 milliards de rials (environ 12,2 millions de dollars américains) entre mars et début novembre.
  • 16,65 millions de billets ont été vendus, contre 20 millions pour la même période l’année précédente.
  • Les économistes mettent en garde contre une possible stagflation si l’inflation persiste.

La crise économique qui frappe l’Iran se répercute désormais clairement sur le secteur du divertissement. Entre mars et début novembre, les salles de cinéma iraniennes ont enregistré une baisse significative de leur fréquentation, avec 16,65 millions de spectateurs contre 20 millions l’année précédente. Les revenus totaux se sont élevés à 13 200 milliards de rials (environ 12,2 millions de dollars), témoignant d’un recul marqué.

Les observateurs du secteur attribuent ce ralentissement à une conjonction de facteurs. La détérioration des conditions économiques et sociales pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, qui sont contraints de réduire leurs dépenses de loisirs. Le média iranien Didban Iran a souligné l’impact direct des tensions géopolitiques récentes, notamment la guerre entre l’Iran et Israël qui a duré 12 jours, ainsi que du climat social général du pays sur la fréquentation des cinémas.

L’inflation galopante, qui sévit depuis des années, a considérablement réduit la part du budget des familles iraniennes consacrée aux activités de loisirs, comme les voyages et les sorties au cinéma. De nombreuses familles sont désormais obligées de privilégier l’achat de produits de première nécessité face à la flambée du coût de la vie. Ces derniers mois, les médias ont fait état d’une forte augmentation des prix des denrées alimentaires et des biens de consommation courante, une situation qui se traduit par une restriction des dépenses des ménages.

Les économistes tirent la sonnette d’alarme. Ils préviennent que le pays pourrait être confronté à une grave stagflation si les pressions inflationnistes ne sont pas maîtrisées. Le 1er novembre, un économiste iranien a estimé que, si l’administration du président Massoud Pezeshkian ne parvenait pas à stabiliser l’économie et à apaiser les tensions politiques, l’inflation pourrait dépasser les 60 % d’ici la fin de l’année. Avec une inflation déjà proche des 50 % sur une base annuelle, la baisse de la fréquentation des cinémas apparaît comme un symptôme supplémentaire des difficultés économiques qui affectent profondément la vie quotidienne des Iraniens.

Les données du Centre statistique iranien confirment une inflation généralisée des biens essentiels et soulignent l’incapacité du gouvernement à contrôler la hausse des prix, alimentant ainsi une anxiété économique généralisée au sein de la population.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.