Publié le 3 janvier 2026 à 05h24. La répression politique en Amérique latine continue de diviser les opinions, notamment au sein de la gauche, qui semble parfois fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme commises par des régimes autoproclamés progressistes, comme au Venezuela.
- La gauche latino-américaine est accusée d’une indulgence excessive envers les régimes autoritaires se revendiquant de la gauche, contrastant avec sa fermeté face aux dictatures de droite.
- La situation au Venezuela, marquée par une crise économique et un exode massif, est déformée par des mythes et des préjugés, notamment concernant les perspectives d’une transition démocratique.
- María Corina Machado, figure de l’opposition vénézuélienne, est présentée comme un symbole d’espoir et de résistance face à la dictature, malgré les tentatives de la décrédibiliser.
L’aveuglement face à la répression, lorsqu’elle émane de régimes se présentant comme progressistes, rappelle une attitude déjà observée dans le passé. L’auteur évoque le cas de Luis Corvalán, ancien dirigeant du Parti communiste chilien, emprisonné sous Pinochet, qui avait minimisé la situation des dissidents en Union soviétique, affirmant que l’URSS ne connaissait pas de prisonniers politiques. Une réponse cinglante lui fut adressée par Vladimir Bukovski : la nature de l’idéologie ne saurait justifier la privation de liberté.
Cette indulgence sélective se manifeste aujourd’hui en Amérique latine, où les dictatures « de droite » suscitent une condamnation immédiate, tandis que les régimes de Nicolás Maduro au Venezuela, de Daniel Ortega au Nicaragua et de Miguel Díaz-Canel à Cuba bénéficient d’un silence complaisant. L’exemple cité du président mexicain, qui a refusé de commenter l’attribution du prix Nobel à un opposant (le nom n’est pas précisé dans le texte original), illustre cette attitude. L’auteur qualifie cette position de « moralement hémiplégique », faisant écho à la description du poète chilien Vicente Huidobro d’une indignation sélective.
Au-delà de cette complaisance idéologique, des idées fausses circulent sur les conséquences d’une éventuelle transition démocratique au Venezuela. Certains craignent un scénario similaire à celui de l’Afghanistan, ignorant la diversité et l’inclusion qui caractérisent la société vénézuélienne. D’autres affirment que le pays est profondément divisé, alors que le chavisme a perdu son soutien populaire, comme l’ont démontré les élections du 28 juillet. Selon l’auteur, sans les manipulations du régime, le résultat en faveur de l’opposition aurait pu atteindre 90 %. L’argument d’un possible exode massif est également contesté : seul un retour à la démocratie pourrait inverser la tendance actuelle.
L’auteur réfute également les accusations portées contre María Corina Machado, notamment l’idée qu’elle appellerait à une intervention militaire américaine. Elle dénonce plutôt l’occupation du Venezuela par Cuba, la Russie et l’Iran, et plaide pour un soutien international afin de favoriser une solution pacifique. De même, l’accusation d’être d’extrême droite est rejetée : reconstruire le Venezuela nécessitera une approche pragmatique et une restauration des institutions publiques.
L’espoir, selon l’auteur, repose sur le courage du peuple vénézuélien et sur la détermination de María Corina Machado. Une citation de cette dernière, prononcée peu avant les élections de juillet 2024, est rapportée :
« Vous ne pouvez pas imaginer l’enthousiasme des gens. Dans toutes les villes que je traverse, les gens me demandent de réunifier la famille vénézuélienne : les mères veulent revoir leurs enfants, les grands-parents rencontrent leurs petits-enfants. Ils aspirent à être soulagés de la misère, de la répression et de l’insécurité, mais surtout ils veulent vivre dans la liberté. Ils veulent l’étreinte d’un Vénézuélien avec un autre Vénézuélien. Ils rêvent de réconciliation nationale. »
María Corina Machado
L’auteur souligne également le courage de María Corina Machado, qui a choisi de se cacher après la fraude électorale de juillet 2024, non par souci de sacrifice personnel, mais pour incarner un exemple de vertu civique. Il conclut en affirmant que l’enthousiasme qui suivra la prise de pouvoir par le gouvernement légitime d’Edmundo González surprendra le monde et que María Corina Machado jouera un rôle essentiel dans la reconstruction du pays, malgré l’opposition persistante d’une gauche « moralement incurable ».
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