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La gloire de l’inventaire | systèmedesanté.com

by Sophie Martin

La gestion des systèmes informatiques hospitaliers ressemble parfois à un garde-manger trop rempli : on accumule des outils et des logiciels sans toujours savoir ce que l’on possède déjà. Une bonne connaissance de cet « inventaire applicatif » est essentielle pour optimiser les dépenses, renforcer la sécurité et, finalement, améliorer les soins aux patients.

L’idée est née d’une simple observation domestique. En rangeant son garde-manger, Anthony Guerra s’est rendu compte qu’il possédait sept boîtes de purée de citrouille, sans se souvenir d’en avoir jamais utilisé. « J’ai alors compris qu’il fallait agir », explique-t-il. « Avant que ma femme n’en achète huit, neuf ou dix, il fallait mettre en place un système. » Il a donc ajouté une section « Ne pas acheter » à la liste de courses partagée, conscient que cette initiative pourrait irriter son épouse, mais déterminé à éviter les achats inutiles.

Cette anecdote illustre un principe organisationnel fondamental : il est plus efficace de gérer ce que l’on a déjà que de continuer à accumuler. Ce principe, hérité de l’éducation rigoureuse de sa mère allemande, s’applique également au monde de l’informatique hospitalière. Les établissements de santé disposent souvent d’une multitude d’outils, et il est crucial de savoir lesquels sont réellement utilisés pour éviter les doublons et les gaspillages.

En outre, un inventaire précis des logiciels est indispensable pour assurer la sécurité des systèmes. Il est difficile de mettre à jour des applications dont on ignore l’existence, ce qui peut rendre les hôpitaux vulnérables aux cyberattaques. L’incident Log4j, une faille de sécurité majeure découverte en décembre 2021, en est un exemple frappant.

Alors, comment mettre en place un inventaire applicatif efficace ? La première étape consiste à effectuer un audit complet, à « parcourir tous les tiroirs et armoires », comme le dit Anthony Guerra. Il faut ensuite collecter et enregistrer les données. Mais l’étape la plus délicate est de s’assurer que personne n’achète de nouveaux logiciels sans autorisation. Cela nécessite une gouvernance claire, des procédures strictes et une collaboration étroite avec les responsables des achats.

« On dit qu’en matière de performance, on ne peut pas améliorer ce qu’on ne peut pas mesurer », souligne Anthony Guerra. « Eh bien, lorsqu’il s’agit d’un inventaire, vous ne pouvez pas le contrôler si vous ne l’avez pas compté. » Pour un directeur des systèmes d’information (DSI), la mise en place d’un inventaire applicatif précis devrait être une priorité absolue. Une fois cet objectif atteint, il ne restera plus qu’à profiter d’une vue d’ensemble claire et organisée de l’ensemble des outils informatiques disponibles.

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