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La Grande-Bretagne, la France et la relation nécessaire

by Amélie Bernard

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Il faut deux à Tango. Une peste sur vos deux maisons. Six de l’une, une demi-douzaine de l’autre. Les Britanniques ont une profonde stock de phrases qui cherchent à diviser le blâme pour tout conflit humain. Cela suggère un peuple équitable et pourrait expliquer (ou être expliqué par) leur histoire domestique principalement tranquille.

C’est aussi malhonnête. Dans certains, sinon la plupart des conflits, un côté est plus culpabilisé. Lorsque la Grande-Bretagne et la France sont tombées après le Brexit, la faute se trouvait avec des premiers ministres consécutifs à Londres, qui a exigé les avantages de l’adhésion à l’UE sans adhésion elle-même, puis a bouché lorsque ce souhait fantastique a été ri de la salle de négociation. La relation s’est quelque peu améliorée sous Rishi Sunak, qui a montré que l’on pouvait soutenir le Brexit sans se comporter comme un jingo non sécurisé. La visite d’État d’Emmanuel Macron en Grande-Bretagne cette semaine a réchauffé les choses.

Deux impressions se détachent de la tournée du président français. Premièrement, quel bon roi souverain Charles a été. Même à part ses compétences dans les subtilités cérémonielles, qu’est-il arrivé à toutes les critiques d’architecture et au charbon anti-moderne que certains avaient redouté qu’il utiliserait sa plate-forme pour être diffusée?

Deuxièmement, au moins à moyen terme, le sort de l’Europe repose en grande partie sur la Grande-Bretagne et la France. Plus près de la fin de cette décennie, si les plans ambitieux de désengation de l’Allemagne et d’autres membres de l’OTAN sont honorés, la Russie pourrait faire face à une Europe qui est tout simplement trop formidable à tester. Il pourrait également y avoir un président moins adapté au Kremlin à la Maison Blanche. Même si un seul de ces deux développements devait avoir lieu, le continent serait sans reconnaissance plus en sécurité. Jusque-là, les circonstances pourraient ne jamais être plus propices à l’agression russe.

La plupart des grands pays d’Europe ne sont pas bien placés pour le dissuader. L’Allemagne est un donateur militaire plus généreux de l’Ukraine que la France, selon le Kiel Institute. Il emprunte et dépense une fortune pour ses propres forces armées. Mais il le fait à partir d’une base si faible qu’il faudra des années pour fabriquer le nouveau kit et former les nouvelles recrues. Même alors, on ne sait pas si l’Allemagne déploierait du personnel armé à l’est et en vertu des règles d’engagement, compte tenu des sensibilités historiques. Le pays n’a pas de centrales nucléaires, sans parler de dissuasion nucléaire, ou (pour ce qu’elle compte) un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies.

La Pologne passe une part exemplaire de PIB sur la défense, mais ce PIB est encore beaucoup plus petit que celui de la Grande-Bretagne ou de la France. Sa population ne dépasse pas beaucoup la moitié de leurs 70 millions chacune. Quant à l’Espagne et à l’Italie, il n’y a rien de tel que la distance et les chaînes de montagnes protectrices pour faire une vision de la Russie avec plus d’équanimité que, disons, un Finn pourrait gérer. Lors du sommet de l’OTAN le mois dernier, le Premier ministre espagnol a traîné les pieds au sujet de la nouvelle cible de dépenses de défense du club – à l’irritation ouverte de Donald Trump, que certains libéraux européens se sont retrouvés encourageants dans leur souffle. Il n’est pas clair comment le continent résout jamais cette division nord-sud dans la perception des menaces et la préparation à la défense. La population nominale de l’Europe est d’environ 500 millions. Compte tenu des attitudes en Méditerranée, le continent efficace Le poids en termes de défense peut être un peu moins.

De tous les grands pays d’Europe, deux ont donc un fardeau disproportionné jusqu’à ce que (littéralement) la cavalerie arrive plus près de 2030. Même après ce point, la réalité du conflit pourrait avoir déplacé le pivot de la politique européenne sur une base durable du Rhin à quelque part plus près de la chaîne. Dans un continent paisible, la relation de la France-Allemagne était sans ambiguïté la plus importante. Dans une Europe de guerre, cela ne peut pas être aussi vrai. Il n’y a tout simplement pas de se passer du Royaume-Uni: soit sa puissance armée, ses actifs d’intelligence ou ce que le monde de la défense appellerait sa «culture stratégique», qui ne peut pas être achetée sur le plan. La Grande-Bretagne est le plus grand donateur militaire de l’Ukraine après les États-Unis. Peu importe si la relation anglo-française est «spéciale», comme Macron l’a prétendu cette semaine, il est nécessaire.

Même les querelles entre les deux parties, un luxe en temps de paix, ont beaucoup à voir avec le mépris que la familiarité engendre. La Grande-Bretagne et la France ont presque exactement la même population, un PIB similaire et donc un revenu plus ou moins égal par habitant. Les deux ont une capitale disproportionnée – une «ville de primate», dans le jargon – en raison de l’être unifié et centralisé pendant des siècles de plus que l’Allemagne ou l’Italie. Les deux ont perdu un empire mondial à peu près au même moment, et il reste une question ouverte qui a empiré: la France, qui a combattu l’inévitable en Algérie et en Indochine, ou en Grande-Bretagne, qui par dévotion à un «Commonwealth» principalement symbolique a raté la première vague d’un projet européen qu’il aurait pu façonner.

Mais la similitude la plus importante est que, bien qu’une grande partie de l’Europe d’après-guerre se soit dit qu’elle avait transcendé des choses archaïques telles que le pouvoir dur, la Grande-Bretagne et la France ne l’ont jamais fait. Ils restent les seuls États nucléaires en Europe démocratique. Si le continent doit se défendre avec moins d’aide américaine qu’il n’a été utilisé, la relation anglo-française pourrait être le cœur du continent. Certains autres pays européens ont la culture martiale mais pas l’échelle. Certains ont l’échelle mais pas la culture martiale. Jusqu’à ce que cela change, la pure nécessité oblige la Grande-Bretagne et la France ensemble. Mais il est possible de détecter une trace d’enthousiasme lors de la visite de l’État. Une Europe dans laquelle la sécurité plutôt que la prospérité est primordiale permet à deux pays hantés par le déclin un coup de temps à nouveau.

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