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La gratuité des transports déjà au cœur de la campagne municipale

by Nicolas Lefèvre

La gratuité des transports en commun à Montpellier est remise en question par la Cour des comptes, qui dénonce un coût élevé et un impact écologique et modal limité. Un rapport accablant met en lumière des dépenses supplémentaires importantes et soulève des doutes sur l’efficacité de cette politique initiée en décembre 2023.

Selon les magistrats financiers, la gratuité des transports, loin de détourner les usagers de leur voiture, inciterait davantage à abandonner la marche et le vélo. Ils pointent également du doigt un risque de dégradation de la qualité du service avec l’augmentation de la fréquentation et une hausse du versement mobilité, estimée à 50 millions d’euros par an (contre 35 millions d’euros officiels). La Cour déplore que cette charge financière repose de plus en plus sur les contribuables plutôt que sur les usagers.

Le rapport recommande des études approfondies sur le coût réel de la gratuité et suggère un retour à des tarifs payants, assortis de réductions sociales basées sur les revenus plutôt que sur le statut (étudiant, senior, etc.).

Isabelle Perrein, candidate déclarée aux élections municipales de Montpellier (15-22 mars 2026), a immédiatement saisi cette occasion pour critiquer la politique de Michaël Delafosse. Soutenue par Les Républicains, elle affirme que « la gratuité des transports dans une métropole est une erreur économique, financière et écologique ». Elle évoque également des conséquences négatives telles que « un cadencement des trams dégradé, une insécurité accrue, des rames bondées aux heures de pointe et une saleté persistante », qualifiant l’ensemble de « illusion coûteuse et inefficace ».

Philippe Saurel, ancien maire de Montpellier, a également réagi, bien que de manière moins virulente. Il critique l’approche comptable de l’auteur du rapport et s’interroge sur la légitimité de la Cour des comptes à contrôler les comptes publics. « N’est-il pas normal que la Cour des comptes contrôle les comptes ? À moins que le fond de sa pensée soit : j’ai été élu, je fais ce que je veux avec l’argent public. L’argent public représente l’impôt et le travail des citoyens, il doit être utilisé avec respect et discernement », a-t-il déclaré.

Michaël Delafosse, l’actuel maire socialiste, se défend en soulignant une augmentation de 27 % de la fréquentation des transports en commun depuis un an et demi. Il met également en avant une amélioration de la qualité de l’air, selon l’agence Atmo. Il annonce qu’une enquête de Mobility Metrix, prévue en octobre, prouvera que « la part de la voiture a été réduite, au contraire de la marche et du vélo ». Il rappelle également les investissements réalisés pour la construction de la 5e ligne de tramway, l’extension vers la gare TGV et la création d’une police métropolitaine des transports.

La Fédération des usagers des transports (Fnaut) soutient les choix de Michaël Delafosse, à l’instar de Carole Delga en région avec le TER à un euro. Eric Boisseau, de la Fnaut, estime que « la Cour des comptes se plante, elle pose mal la problématique » et que « la gratuité est un outil politique efficace pour promouvoir les transports en commun », tout en soulignant la nécessité d’un service de qualité et attractif. Il considère que le fait que le contribuable paie davantage que l’usager est « un choix politique que les électeurs ont décidé ».

Michaël Delafosse réaffirme son engagement en faveur de la gratuité, la considérant comme « utile à tous et permettant de mettre en œuvre l’indispensable transition écologique ». La campagne électorale à venir devrait permettre de trancher sur cette question controversée.

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