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La gravité de la dépression peut augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral chez les personnes vivant avec le VIH

Publié le 1er octobre 2025. Une nouvelle étude américaine révèle un lien significatif entre la sévérité des symptômes dépressifs et un risque accru d'accident vasculaire cérébral (AVC) chez les personnes vivant avec le VIH, soulignant l'importance d'une prise…

La gravité de la dépression peut augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral chez les personnes vivant avec le VIH

Publié le 1er octobre 2025. Une nouvelle étude américaine révèle un lien significatif entre la sévérité des symptômes dépressifs et un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC) chez les personnes vivant avec le VIH, soulignant l’importance d’une prise en charge globale de la santé mentale.

  • Les personnes séropositives présentant des symptômes dépressifs plus marqués présentent un risque d’AVC supérieur de 16 %.
  • Ce risque est particulièrement élevé chez les personnes de moins de 50 ans.
  • La gravité de la dépression est un facteur de risque indépendant, persistant même en tenant compte d’autres facteurs de risque cardiovasculaire et liés au VIH.

Les progrès de la thérapie antirétrovirale (TAR) ont considérablement amélioré l’espérance de vie des personnes séropositives. Cependant, cette longévité accrue s’accompagne d’une augmentation du risque de maladies liées au vieillissement, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’hypertension artérielle, qui peuvent à leur tour favoriser les AVC.

Des recherches antérieures suggèrent que les personnes vivant avec le VIH présentent un risque d’AVC environ 20 % plus élevé que la population générale, et que ces événements surviennent souvent plus tôt dans leur vie. Si les facteurs de risque traditionnels tels que l’hypertension et le tabagisme contribuent à ce risque, les scientifiques estiment qu’ils n’en expliquent pas la totalité. Des lésions vasculaires et une inflammation chronique, conséquences du VIH non maîtrisé, pourraient également jouer un rôle.

L’inflammation chronique, bien que réduite par la TAR, n’est pas complètement éliminée, ce qui souligne la nécessité de poursuivre les recherches sur la santé cardiovasculaire des personnes séropositives.

Parallèlement, la dépression est une affection fréquente chez les personnes vivant avec le VIH, souvent exacerbée par la stigmatisation et la discrimination. Des études ont également suggéré que les protéines produites par les cellules infectées par le VIH pourraient contribuer à l’inflammation et, par conséquent, à la dépression.

Une étude récente, menée par une équipe de chercheurs américains, a analysé les données de santé de 13 817 personnes séropositives suivies dans cinq cliniques entre 2010 et 2020. Les participants ont régulièrement répondu à un questionnaire standardisé (PHQ-9) évaluant les symptômes dépressifs. Les neurologues ont confirmé les cas d’AVC signalés. Les résultats ont révélé que 23 % des participants avaient reçu un diagnostic de dépression au début de l’étude, et que 173 ont subi un AVC au cours d’une période moyenne de sept ans.

Les scientifiques ont constaté une corrélation directe entre la sévérité des symptômes dépressifs et le risque d’AVC. Une dépression plus grave était associée à une augmentation de 16 % du risque d’AVC. De plus, cet effet était plus prononcé chez les personnes de moins de 50 ans. L’étude a également montré que la dépression restait un facteur de risque indépendant, même après avoir pris en compte d’autres facteurs tels que l’âge, le sexe, les antécédents cardiovasculaires, le statut VIH et la consommation de substances.

Une étude antérieure menée auprès d’anciens combattants américains a confirmé ces résultats, montrant que la dépression pouvait être un facteur de risque d’AVC, en particulier chez les jeunes séropositifs. Cette étude, portant sur 33 528 personnes séropositives et 72 805 personnes séronégatives, a renforcé l’importance de la prise en charge de la santé mentale dans cette population.

Les chercheurs soulignent qu’il reste à déterminer précisément les mécanismes par lesquels la dépression influence le risque d’AVC. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour évaluer l’efficacité des médicaments et des thérapies comportementales dans la réduction de ce risque.

« Sur le plan clinique, nos résultats devraient sensibiliser les professionnels de santé à l’impact potentiel de la dépression sur le risque d’AVC, en particulier chez les personnes séropositives présentant une dépression plus sévère et plus jeunes, et les inciter à surveiller et à traiter la dépression dans cette population, y compris chez les individus présentant un risque cardiovasculaire traditionnel plus élevé. »

Équipe de recherche, publication dans le JSIDA

Les scientifiques recommandent également des études pour déterminer si les traitements antidépresseurs ou d’autres interventions, telles que la psychothérapie, peuvent réduire le risque d’AVC chez les personnes vivant avec le VIH. Cette étude souligne l’importance d’une approche globale de la santé, intégrant la prise en charge des problèmes cardiovasculaires et de la santé mentale.

VIH et maladies cardiovasculairesCATIE

Références :

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  8. Chammartin F, Darling K, Abela IA et al. Rapport CD4:CD8 et nombre de cellules CD8 et leur pertinence pronostique pour les événements de maladie coronarienne et les accidents vasculaires cérébraux chez les personnes traitées aux antirétroviraux : l’étude de cohorte suisse sur le VIH. JSIDA. 15 décembre 2022;91(5):508-515.
  9. Savinelli S, Heeney A, Tinago W et al. Les personnes vivant avec le VIH sous antirétroviraux modernes ne présentent pas de profil lipidique pro-athérogène et ont une composition corporelle similaire à celle des témoins sains. Médecine du VIH. 2025 ; sous presse.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.