Publié le 2024-04-22 14:57:00. La menace de la grippe aviaire plane à nouveau sur les élevages de volailles néerlandais, ravivant les craintes d’abattages massifs et soulevant des inquiétudes quant à une potentielle pandémie humaine.
- Plus de 7,5 millions de volailles ont déjà été abattues aux Pays-Bas depuis début 2022 pour contenir la propagation du virus H5N1.
- Des experts estiment qu’une mutation du virus pourrait entraîner une pandémie humaine avec un taux de mortalité potentiellement élevé, allant jusqu’à 30 %.
- La concentration croissante d’animaux dans les élevages intensifs est pointée du doigt comme un facteur aggravant la propagation de la maladie.
C’est un scénario qui se répète, source d’angoisse pour les éleveurs de volailles : chaque matin, la crainte que la grippe aviaire n’atteigne leur exploitation, les obligeant à envisager l’abattage de leurs animaux. Cette maladie représente une épreuve traumatisante pour les agriculteurs et un véritable cauchemar pour les animaux touchés. La recrudescence actuelle des cas révèle les failles d’un système d’élevage intensif qui nécessite une refonte profonde.
Les chiffres sont alarmants. Aux Pays-Bas, environ 500 millions de poulets et autres oiseaux sont élevés et abattus chaque année pour leur viande et leurs œufs, répartis dans environ 4 500 exploitations. Il y a vingt ans, ce nombre s’élevait à 415 millions d’animaux, répartis sur 8 300 fermes. En deux décennies, le nombre d’animaux par éleveur a donc plus que doublé.
Mesures d’urgence insuffisantes L’épidémie actuelle est causée par une variante hautement contagieuse et mortelle du virus H5N1. Selon les données du ministère de l’Agriculture, plus de 7,5 millions de volailles ont été abattues depuis le début de l’année 2022 afin d’endiguer la propagation du virus. À cela s’ajoutent des centaines de millions de décès dans le monde, touchant aussi bien les oiseaux sauvages que les mammifères. Le 16 octobre dernier, le ministère a réimposé une obligation nationale de confinement et de protection des élevages, seulement trois mois après la levée de la précédente mesure. Les foyers récents détectés à Nijkerk, Hierden, Zeewolde, Bornerbroek, Tienray, Helden, Holwierde, Terschuur, Streefkerk, Terhole, Opende, Drogeham, Bennekom, Swifterbant, Emmeloord et Dodewaard témoignent de l’inefficacité de ces mesures d’urgence.
Une menace pour la santé humaine ? Les conséquences de la grippe aviaire ne se limitent pas au monde animal. Une majorité de virologues de renom prévient qu’une variante de la grippe aviaire pourrait être à l’origine de la prochaine pandémie mondiale, succédant ainsi à la crise du Covid-19.
Une étude scientifique publiée en 2024 dans la revue Science suggère qu’il ne manquerait qu’une seule mutation à l’une des souches actuelles du H5N1 pour qu’elle devienne transmissible à l’homme. Les chercheurs craignent alors un taux de mortalité atteignant 30 %.
Selon Thijs Kuiken, expert en grippe aviaire à l’Erasmus MC, environ la moitié des personnes infectées par le H5N1 décéderaient. À titre de comparaison, la pandémie de Covid-19, qui a déjà eu des conséquences majeures sur notre société et causé de nombreuses pertes humaines, a affiché un taux de mortalité moyen de 0,31 %.
La grippe aviaire n’est pas seulement une tragédie pour les animaux et les éleveurs, mais également une catastrophe provoquée par l’homme, présentant des risques considérables pour la santé publique. C’est un désastre que nous pouvons éviter en adoptant des mesures préventives, telles que la vaccination des oiseaux et la réduction significative du nombre d’animaux élevés, dans le respect de leur bien-être.
Nous le devons aux centaines de millions d’animaux qui méritent une vie digne et à nous-mêmes, afin de protéger notre santé.
