Publié le 17 novembre 2025 à 02h10. Une nouvelle adaptation musicale de « Working Girl », le film culte des années 1980, est actuellement présentée au La Jolla Playhouse, offrant une plongée nostalgique dans l’univers impitoyable de la finance new-yorkaise, mais avec une bande originale signée Cyndi Lauper.
- La comédie musicale met l’accent sur l’ambiance des années 80, avec une esthétique visuelle et sonore marquée par les synthétiseurs et les coupes de cheveux volumineuses.
- Contrairement au film et à la comédie musicale précédente inspirée par celui-ci, cette nouvelle version explore davantage les thèmes de la solidarité féminine et de la lutte contre le sexisme au travail.
- La musique de Cyndi Lauper, bien que dynamique, oscille entre l’hommage aux tubes de l’époque et la recherche d’une identité propre, parfois au détriment de la cohérence thématique.
L’histoire, initialement portée à l’écran par Melanie Griffith en 1988 dans le film de Mike Nichols, suit Tess McGill, une secrétaire ambitieuse de Staten Island qui voit une opportunité de gravir les échelons lorsqu’elle se retrouve à travailler pour Katharine Parker, une femme d’affaires impitoyable. Ce qui semblait être une alliance potentielle entre deux femmes dans un monde dominé par les hommes se transforme rapidement en une lutte de pouvoir où la trahison et la manipulation sont monnaie courante.
La production actuelle, présentée au Théâtre La Jolla, ne se concentre pas tant sur les personnages de Tess et Katharine que sur l’atmosphère vibrante des années 1980. Les décors, les costumes et la musique transportent le public dans un univers de bas en nylon, d’épaulettes imposantes et de boombox portatives. La bande originale, composée par Cyndi Lauper, s’inspire de son répertoire pop, mais diffère sensiblement de son travail sur « Kinky Boots ». Elle cherche à capturer l’énergie de l’époque, tout en offrant une touche contemporaine.
Si le film original et la comédie musicale précédente, soutenue par Dolly Parton, mettaient l’accent sur l’émancipation et la dénonciation du sexisme, cette nouvelle adaptation semble plus nuancée. Le scénario, basé sur une idée originale de Kevin Wade, explore les complexités des relations professionnelles et les compromis nécessaires pour réussir. Les chansons de Lauper, bien que percutantes, doivent jongler entre l’authenticité des années 80 et les attentes d’un public moderne. Comme le souligne la production, Tess, interprétée par Joanna « JoJo » Levesque, déclare :
« Je cherche quelque chose de plus »
L’intrigue suit Tess alors qu’elle est confrontée à l’injustice et à la discrimination dans le monde impitoyable des fusions et acquisitions. Elle est écartée d’un programme de formation des cadres après avoir repoussé les avances d’un supérieur, et se retrouve affectée au bureau de son nouveau patron, une femme qui, à sa grande surprise, lui vole son idée principale : encourager un client à acquérir un réseau de radio plutôt qu’une chaîne de télévision. Katharine Parker, interprétée par Lesley Rodriguez Kritzer, bénéficie d’un rôle plus étoffé que celui de Sigourney Weaver dans le film, avec davantage de scènes et de chansons. Elle apporte également une touche d’humour à la pièce, notamment lors d’une scène mémorable dans un hôpital après un accident de ski.
Alors que Katharine est convalescente, Tess prend sa place, s’appropriant son style vestimentaire et tentant de conclure l’accord avec Jack Trainer, un négociateur charismatique. Leur alchimie est palpable, mais leur relation est compliquée par le manque de confiance mutuel. La pièce explore également la solidarité féminine, en mettant en scène une demi-douzaine de collègues qui soutiennent Tess dans son ascension. Cependant, Tess risque de perdre de vue celles qui l’ont aidée, notamment sa meilleure amie Cyn, à qui elle devra s’excuser avant la fin de la pièce. Leur duo, « You and Me », pourrait bien devenir un succès radiophonique rétro.
La comédie musicale présente quelques faiblesses, notamment un rythme inégal et des scènes qui manquent de clarté. Certains numéros musicaux, comme celui du mariage de la fille du client, semblent surchargés et peu pertinents. De plus, les chansons de Lauper évoquent parfois trop fortement ses propres tubes des années 80, ce qui peut nuire à la crédibilité de l’histoire. Néanmoins, « Working Girl » offre une réflexion intéressante sur les défis auxquels les femmes sont confrontées dans le monde du travail, et sur l’importance de la solidarité et de l’ambition.
