Publié le 27 novembre 2023 13:09:00. Une réforme de la loi sur l’eau au Mexique suscite la controverse, le gouvernement accusant des producteurs d’accumuler illégalement cette ressource et de la revendre avec des bénéfices considérables, tandis que les opposants dénoncent une atteinte aux droits acquis.
- Des producteurs d’eau d’irrigation sont accusés de réaliser des profits annuels de 300 millions de pesos (environ 16,6 millions d’euros) en revendant l’eau aux municipalités.
- La présidente Claudia Sheinbaum Pardo défend la réforme, la qualifiant de nécessaire pour mettre fin aux privilèges et garantir le respect de l’état de droit.
- Les opposants à la réforme craignent qu’elle ne remette en question les concessions existantes et ne limite l’accès à l’eau pour les agriculteurs.
La réforme de la Loi Générale de l’Eau, actuellement en discussion à la Chambre des Députés, est au cœur d’une vive polémique au Mexique. La présidente Claudia Sheinbaum Pardo a dénoncé des pratiques jugées illégales, pointant du doigt des producteurs qui, après avoir obtenu des concessions pour l’irrigation, revendent l’eau aux municipalités avec une marge bénéficiaire importante.
Selon la présidente, ces pratiques génèrent des profits annuels de 300 millions de pesos (environ 16,6 millions d’euros). Elle a fermement déclaré :
« Cela ne peut pas être… Non aux privilèges, oui à la loi et à l’État de droit. »
Claudia Sheinbaum Pardo, Présidente
Les critiques de la réforme dénoncent une tentative de déstabilisation et affirment que les concessions existantes sont menacées. Efraín Morales, directeur de l’organisation concernée, a mis en garde contre les motivations des opposants :
« Ils défendent leurs intérêts, car ce sont eux qui, pendant de nombreuses années, sous la protection du pouvoir politique et économique, ont accumulé de grandes quantités d’eau. »
Efraín Morales, Directeur de l’organisation
Le gouvernement insiste sur le fait que la réforme ne remet pas en cause les concessions existantes, notamment celles accordées aux petits exploitants agricoles. La présidente Sheinbaum Pardo a clarifié :
« Maintenant, ils essaient de dire qu’un ejidatario ne pourra pas donner cette eau à ses enfants s’il a un puits sur son terrain. C’est faux. Bien sûr, cela peut être fait, mais plus cette thésaurisation. »
Claudia Sheinbaum Pardo, Présidente
La réforme vise également à empêcher l’utilisation détournée de l’eau agricole, souvent redirigée vers des parcs industriels, des terrains de golf ou des projets immobiliers sans contrôle adéquat de la Commission Nationale de l’Eau (Conagua). Le gouvernement souhaite désormais que les grands exploitants agricoles obtiennent l’approbation de Conagua pour toute cession d’eau à des tiers.
Enfin, la présidente Sheinbaum Pardo a rejeté les critiques du député du PRI Rubén Moreira concernant l’exploitation des puits d’eau privés, affirmant que l’eau est un droit humain et une ressource nationale qui doit être gérée de manière responsable.
Parallèlement à ces débats, la construction d’un aqueduc de 21 kilomètres pour approvisionner la ville de Colima en eau pendant environ 30 ans a débuté, avec un investissement de 1 780 millions de pesos (environ 98,7 millions d’euros).
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