Publié le 2024-02-29. Des chercheurs italiens ont découvert un lien génétique surprenant entre la longévité et les populations européennes de chasseurs-cueilleurs, suggérant que notre héritage ancestral pourrait détenir les clés d’une vie plus longue et en meilleure santé.
- L’étude révèle que la présence d’ADN de chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale est associée à une augmentation de 38 % des chances de vivre jusqu’à 100 ans.
- Cet effet est particulièrement marqué chez les femmes, qui présentent plus du double de chances d’atteindre le siècle si elles possèdent une proportion plus élevée de cet ADN ancestral.
- Les gènes hérités de ces populations anciennes pourraient améliorer le métabolisme, renforcer le système immunitaire et protéger contre les maladies liées à l’âge.
Une analyse approfondie du génome de centenaires italiens et de personnes en bonne santé a permis de mettre en lumière un lien inattendu avec les premiers habitants de l’Europe. L’équipe de recherche a comparé l’ADN de 333 centenaires et de 690 adultes d’environ 50 ans avec les génomes anciens de quatre groupes qui ont façonné le patrimoine génétique italien : les chasseurs-cueilleurs occidentaux, les premiers agriculteurs néolithiques anatoliens, les groupes nomades de l’âge du bronze et les populations d’Iran et du Caucase.
Les résultats indiquent que tous les participants à l’étude portaient un mélange d’éléments génétiques provenant de ces quatre groupes. Cependant, seule la présence d’ADN de chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale (WHG) était significativement associée à la longévité. Pour chaque portion supplémentaire d’ADN WHG, les chances de vivre jusqu’à 100 ans augmentaient de 38 %. Cet avantage était encore plus prononcé chez les femmes.
Les chasseurs-cueilleurs occidentaux, un groupe ancien qui a prospéré en Europe après la période glaciaire (entre 9 000 et 14 000 ans), étaient caractérisés par leur peau foncée, leurs yeux clairs et leur constitution robuste. Leur mode de vie reposait sur la chasse, la pêche et la cueillette de ressources végétales, nécessitant des déplacements fréquents et une adaptation à des environnements variés. Ils vivaient généralement en petits groupes, souvent composés de familles élargies, et pouvaient compter jusqu’à une centaine de membres.
Avant l’arrivée de l’agriculture, ces populations se nourrissaient principalement de charogne, de plantes sauvages, d’insectes et de miel. Leur système immunitaire était particulièrement développé, mais il s’est affaibli avec l’adoption d’un mode de vie agricole et l’exposition à de nouvelles maladies.
Les scientifiques émettent l’hypothèse que les gènes des chasseurs-cueilleurs, sélectionnés pendant la dernière période glaciaire, ont permis à leurs ancêtres de survivre dans des conditions extrêmes et avec des ressources limitées. Ces gènes pourraient améliorer le métabolisme, optimiser l’utilisation des nutriments et renforcer le système immunitaire, offrant ainsi une protection contre le stress lié à l’âge.
À l’inverse, les nouveaux groupes humains qui ont remplacé les chasseurs-cueilleurs en Europe occidentale ont développé davantage de gènes pro-inflammatoires. Bien que ces gènes aient pu être bénéfiques pour lutter contre les infections, ils pourraient aujourd’hui contribuer à l’inflammation chronique et aux maladies liées à l’âge, réduisant ainsi l’espérance de vie. Ces résultats ont été publiés dans la revue Gerontology.
Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour comprendre pleinement les mécanismes par lesquels cet héritage génétique confère une telle longévité. Il reste à déterminer si l’ADN des chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale augmente directement la durée de vie ou si d’autres changements génétiques, survenus avec l’avènement de l’agriculture, sont responsables du déclin de l’endurance observé depuis l’époque néolithique.
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