Publié le 2025-11-04 08:34:00. Une simple augmentation de l’activité physique quotidienne, même de quelques milliers de pas, pourrait considérablement ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer, selon une étude américaine récente. Les chercheurs soulignent que l’exercice agit notamment en limitant l’accumulation d’une protéine clé impliquée dans la dégénérescence des neurones.
- Marcher entre 3 000 et 7 500 pas par jour est associé à un retard de l’apparition des symptômes de la maladie d’Alzheimer, allant de trois à sept ans.
- L’activité physique semble ralentir l’accumulation de la protéine tau, reconnue pour endommager les cellules nerveuses.
- L’étude a porté sur des adultes sans démence avérée, permettant d’identifier des facteurs de risque modifiables avant l’apparition des premiers symptômes.
Une équipe du Mass General Brigham Hospital (États-Unis) a mis en évidence le lien entre l’activité physique et la santé cognitive dans une étude publiée dans la revue Nature Medicine. Les chercheurs ont analysé les données de 296 adultes âgés de 50 à 90 ans participant à la Harvard Aging Brain Study, tous exempts de démence au début de l’étude.
Grâce à des scanners cérébraux de type PET, les scientifiques ont mesuré les niveaux de protéines amyloïde-bêta et tau, deux marqueurs biologiques associés à la maladie d’Alzheimer. Ils ont ensuite suivi l’évolution cognitive des participants sur une période moyenne de neuf ans. Les résultats ont révélé une corrélation significative entre le nombre de pas quotidiens et la progression de la maladie.
Les personnes marchant entre 3 000 et 5 000 pas par jour ont bénéficié d’un retard moyen de trois ans dans l’apparition des symptômes, tandis que celles atteignant 5 000 à 7 500 pas ont constaté un délai allant jusqu’à sept ans. À l’inverse, les individus les plus sédentaires ont présenté une accumulation plus rapide des protéines toxiques et un déclin cognitif plus prononcé.
« Ces données contribuent à expliquer pourquoi certaines personnes à risque de développer la maladie d’Alzheimer ne progressent pas aussi rapidement que d’autres. Les facteurs de style de vie peuvent influencer les premiers stades de la maladie. »
Jasmeer Chhatwal, neurologue et auteur principal de l’étude
L’étude suggère que l’activité physique agit principalement en ralentissant le taux d’accumulation de la protéine tau, responsable des dommages aux neurones. Selon Wendy Yau, neurologue impliquée dans la recherche, chaque pas compte et même de petites augmentations de l’activité quotidienne peuvent avoir des effets bénéfiques durables.
« Chaque pas compte. Même de petites augmentations de l’activité quotidienne peuvent entraîner des bénéfices durables. »
Wendy Yau, neurologue
L’équipe de recherche prévoit désormais d’approfondir ses investigations pour déterminer quel type d’exercice, son intensité et sa durée sont les plus efficaces pour prévenir le déclin cognitif. Ces informations pourraient guider la conception de futurs essais cliniques visant à mettre au point des stratégies de prévention plus ciblées.
Référence : Yau, W et coll. L’activité physique comme facteur de risque modifiable dans la maladie d’Alzheimer préclinique. Nature Medicine (2025).
Pour en savoir plus sur la recherche, vous pouvez consulter l’article original sur Nature Medicine.
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