Publié le 17 octobre 2025 à 16h45. Les forces armées américaines ont interpellé deux survivants suite à une attaque sur un navire suspecté de trafic de drogue dans les Caraïbes, une opération qui soulève des questions juridiques quant aux pouvoirs de l’exécutif en matière de lutte contre le narcotrafic.
- L’armée américaine a arrêté deux survivants après une attaque contre un navire ciblé pour trafic de drogue.
- Il s’agit de la sixième attaque signalée contre un navire impliqué dans le trafic de drogue, mais de la première qui n’ait pas entraîné la mort de tous les passagers.
- La légalité de la détention de ces individus par les États-Unis est remise en question par des experts juridiques.
L’incident, qui n’a pas été officiellement reconnu par l’administration Trump, s’inscrit dans une série d’opérations menées par les États-Unis contre des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants dans les Caraïbes. Selon trois sources américaines, l’attaque a eu lieu jeudi dernier. C’est la sixième action de ce type à être signalée, mais elle se distingue des précédentes par le fait qu’elle n’a pas été fatale pour tous les occupants du navire.
Le Commandement Sud des États-Unis, responsable des opérations militaires dans la région, a redirigé la chaîne de télévision CNN vers la Maison Blanche pour obtenir des commentaires. Aucune réponse n’a encore été reçue de la part de l’exécutif américain.
La base juridique de cette intervention est au cœur des interrogations. Brian Finucane, un ancien avocat du Département d’État spécialisé dans le droit de la guerre, souligne l’incertitude qui règne sur les pouvoirs de l’armée américaine dans ce contexte. L’administration Trump a invoqué l’article II de la Constitution, qui confère au président de larges prérogatives, pour justifier des actions contre ce qu’elle qualifie de « narcoterroristes ». Cependant, cette interprétation est contestée par des législateurs des deux bords politiques. Le Congrès, détenteur du pouvoir constitutionnel de déclarer la guerre (article I), n’a pas autorisé de conflit armé contre les trafiquants de drogue.
L’administration Bush avait également avancé la possibilité de s’appuyer uniquement sur l’article II pour justifier ses pouvoirs de détention militaire, rappelle M. Finucane. Toutefois, la Cour suprême ne s’est jamais prononcée sur cette question, laissant planer un doute sur sa légalité. Par ailleurs, l’administration Bush avait pu invoquer une autorisation du Congrès datant de 2001, qui autorisait les États-Unis à mener une guerre contre Al-Qaïda et ses alliés, pour justifier la détention de prisonniers.
Les individus actuellement détenus par la marine américaine pourraient contester la légalité de leur détention devant les tribunaux, en engageant une action en justice dite habeas corpus, explique M. Finucane. Cette procédure, déjà utilisée par d’autres détenus dans le passé, pourrait permettre de révéler les fondements juridiques secrets de l’administration Trump pour justifier ces opérations.
Haley Britzky de CNN a contribué à ce rapport.
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