Publié le 17 octobre 2024 16h17. Près d’un Autrichien sur cinq vit aujourd’hui dans la pauvreté, une situation qui s’aggrave particulièrement pour les familles monoparentales et les enfants, selon les organisations humanitaires. L’accès à un logement abordable, à une alimentation suffisante et à une protection sociale adéquate sont devenus des enjeux cruciaux.
- Environ 1,5 million de personnes en Autriche, soit 17 % de la population, sont considérées comme étant à risque de pauvreté.
- Un enfant sur cinq grandit dans la pauvreté, avec des conséquences sur leur santé, leur éducation et leurs perspectives d’avenir.
- La « précarité énergétique » touche 358 000 Autrichiens, qui ont des difficultés à chauffer leur logement.
Selon Volkshilfe, 1,5 million de personnes en Autriche sont menacées de pauvreté, un chiffre qui représente 17 % de la population. À Vienne seule, ce sont 400 000 personnes qui sont concernées. Une personne est généralement considérée comme étant à risque de pauvreté si elle dispose de moins de 1 661 euros net par mois.
Les experts soulignent l’importance d’une approche globale pour lutter contre la pauvreté. Martin Schenk, de la Conférence sur la pauvreté, a déclaré :
« Les États qui réussissent à aligner leurs instruments de prévention dans les domaines de la santé, de l’éducation, des systèmes de sécurité sociale et du logement ont le taux de pauvreté le plus faible. »
Martin Schenk, Conférence sur la pauvreté
Malgré les engagements pris par les pouvoirs publics, la pauvreté ne cesse d’augmenter en Autriche, en particulier chez les familles monoparentales. Doris Pettighofer, directrice générale de la plateforme pour parents isolés, a constaté que :
« Le risque de pauvreté augmente de manière disproportionnée depuis des décennies, en particulier parmi les familles monoparentales. »
Doris Pettighofer, directrice générale de la plateforme pour parents isolés
À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, les organisations humanitaires ont mis en avant la nécessité de renforcer la sécurité sociale. Hanna Lichtenberger de Volkshilfe a insisté sur la vulnérabilité des enfants :
« 21 % des enfants sont touchés par la pauvreté, avec des conséquences considérables : ils sont plus souvent malades, ont moins de possibilités d’éducation et courent un risque accru de pauvreté à l’âge adulte. »
Hanna Lichtenberger, Volkshilfe
Elle a estimé, en s’appuyant sur les chiffres de l’OCDE, que le coût annuel de la pauvreté infantile s’élève à 18 milliards d’euros, et a plaidé pour une protection sociale de base pour les enfants, des écoles ouvertes toute la journée avec restauration et un système de santé amélioré, notamment pour les enfants atteints de maladies chroniques.
Les mesures proposées incluent le maintien et l’extension des allocations familiales, ainsi qu’une réforme du droit de la famille pour faciliter l’accès aux prestations sociales. Actuellement, un tiers des enfants de parents isolés ne perçoivent aucune pension alimentaire.
La précarité énergétique est une autre source d’inquiétude croissante. Anna Parr, secrétaire générale de Caritas, a souligné que 358 000 personnes ont des difficultés à chauffer correctement leur logement, craignant de devoir geler dans leur propre maison. Elle s’est félicitée du projet de tarif social de l’énergie, qui devrait apporter un soulagement rapide.
Le manque de logements abordables est également un problème majeur. Alexander Machatschke, directeur général du Groupe de travail fédéral pour l’aide aux sans-abri, a constaté une augmentation de 13 % des expulsions en 2024 par rapport à l’année précédente, avec environ 20 500 personnes actuellement sans abri en Autriche. Le plafond de loyer fixé par le gouvernement est considéré comme une étape importante, et des contrats de location permanents devraient suivre.
Marlene Korsin, responsable du conseil téléphonique, a souligné l’importance des services d’aide à bas seuil :
« Ceux qui se sentent entendus et pris au sérieux acquièrent souvent une nouvelle force. »
Marlene Korsin, responsable du conseil téléphonique
Christine Sallinger, de la Conférence sur la pauvreté, a appelé le gouvernement à renforcer la sécurité sociale, en particulier en période de crises multiples :
« Il est de la responsabilité du législateur de créer des conditions-cadres afin que personne ne soit laissé pour compte et ne tombe dans la pauvreté. »
Christine Sallinger, Conférence sur la pauvreté
Selon la Caritas du diocèse de St. Pölten, les femmes sont particulièrement touchées par la pauvreté. Environ un tiers des parents isolés vivent en dessous du seuil de risque de pauvreté. Le risque de pauvreté pour les femmes vivant seules avec une pension est passé de 28 à 32 % l’année dernière. Plus d’informations sur le site de ORF Niederösterreich.
La pénurie d’aliments de base se fait également sentir sur les marchés sociaux, où l’affluence est plus importante que jamais. Les dons diminuent, ce qui entraîne des pénuries d’huile, de beurre, de riz, de pâtes et de farine. Plus d’informations sur le site de ORF Wien.
L’Association professionnelle des psychologues autrichiens (BÖP) a également mis en garde contre les conséquences de la pauvreté sur la santé mentale. Sa présidente, Beate Wimmer-Puchinger, a souligné que :
« La pauvreté rend malade et la maladie mentale rend pauvre. »
Beate Wimmer-Puchinger, présidente de la BÖP
Dans le Burgenland, des collectes de denrées non périssables et de dons monétaires sont organisées devant les supermarchés à l’occasion de la Journée de lutte contre la pauvreté. Plus d’informations sur le site de ORF Burgenland.
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