La marque horlogère suisse Zenith, filiale du groupe français LVMH, a ouvert le 22 octobre 2026 une procédure de consultation pour un licenciement collectif menaçant une centaine de postes au Locle, tout en réorientant sa production vers la haute horlogerie.
Sur un effectif total de 196 collaborateurs au sein de son berceau historique, une centaine de postes sont directement menacés, selon les informations recoupées par Le Temps et relayées par l’agence ATS. La manufacture Zenith, propriété du géant du luxe LVMH, a annoncé cette mesure jeudi 22 octobre 2026 à ses salariés.
Une centaine de postes supplémentaires sont également en jeu au sein du réseau de distribution et des boutiques à l’étranger, ce qui porte à environ deux cents le nombre total de collaborateurs concernés à l’échelle mondiale. La période de consultation avec le personnel et les partenaires sociaux doit durer trois semaines, jusqu’au 12 novembre 2026, afin d’examiner des alternatives et d’accompagner les salariés touchés.

Zenith délaisse le cœur de marché pour la très haute horlogerie
La direction de la maison fondée en 1865 par Georges Favre-Jacot a décidé d’abandonner son segment actuel, dont le cœur de marché se situait traditionnellement entre 8 000 et 15 000 francs suisses. À l’avenir, la marque veut miser exclusivement sur le très haut de gamme
, un créneau où les volumes de production sont plus faibles mais où la valeur unitaire est nettement supérieure.
Cette réflexion s’appuie notamment sur le succès d’estime et commercial de modèles d’exception, à l’instar du Zenith G.F.J. Calibre 135. Ce garde-temps a été primé lors du dernier Grand Prix d’Horlogerie de Genève, avec des tarifs débutant juste en dessous de 50 000 francs suisses, soit environ 54 000 euros. En se positionnant sur ce segment de haute horlogerie, la manufacture cherche à renouer avec la rentabilité après des exercices difficiles.
La transformation durable du marché mondial
Après trois années de croissance record couronnées par un sommet historique des exportations horlogères suisses à 26,7 milliards de francs en 2023, la branche a subi une série de chocs successifs. Les ventes à l’international ont reculé de 2,8% en 2024, puis de 1,7% en 2025 pour retomber à 25,6 milliards de francs.

Face aux équipes, le directeur général de la marque a dressé un constat sans appel.
Nous traversons tous, sur notre segment que l’on qualifie d’intermédiaire, une période très difficile. Vous l’avez vu ces derniers mois, au fil des multiples annonces de nos concurrents, y compris ici même, au Locle, il y a quelques jours avec Montblanc. Le franc fort, les droits de douane américains, le recul de marchés clés comme le Moyen-Orient et l’Asie: ce n’est pas un trou d’air, c’est un marché qui a durablement changé.
Benoit de Clerck, directeur général de Zenith, via Le Temps
Selon les informations obtenues par les quotidiens suisses, le pôle industriel et commercial de la manufacture était devenu surdimensionné par rapport à la demande réelle, pesant lourdement sur les coûts de fonctionnement. Malgré ces turbulences, un porte-parole et les sources proches du dossier ont catégoriquement écarté toute rumeur de vente de la marque, balayant les spéculations financières déjà démenties par le groupe LVMH en début d’année.