Publié le 2025-12-02 10:02:00. Une étude clinique rigoureuse démontre que la metformine, un médicament couramment prescrit, n’améliore pas la résistance à l’insuline chez les adultes atteints de diabète de type 1, malgré des attentes de longue date concernant ses bénéfices métaboliques. Ces résultats soulignent l’importance de mieux comprendre et traiter cette résistance à l’insuline, un facteur de risque cardiovasculaire majeur.
- La metformine n’a pas d’effet significatif sur la résistance hépatique à l’insuline chez les patients atteints de diabète de type 1.
- Les personnes atteintes de diabète de type 1 présentent une résistance à l’insuline multi-organes, affectant le foie, les muscles et les tissus adipeux.
- La résistance à l’insuline est un facteur de risque cardiovasculaire sous-diagnostiqué et sous-traité chez les patients diabétiques de type 1.
La résistance à l’insuline, une condition dans laquelle les cellules du corps ne répondent plus efficacement à l’insuline, est de plus en plus reconnue comme un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires chez les personnes atteintes de diabète de type 1 (DT1). Cependant, elle est souvent négligée dans la pratique clinique courante. Une nouvelle étude, publiée dans Nature Communications, remet en question l’utilisation de la metformine pour lutter contre ce problème.
Les chercheurs ont mené une enquête en deux parties. Dans un premier temps, ils ont comparé 40 adultes atteints de DT1 à 20 adultes non diabétiques. Cette analyse transversale a révélé que les patients diabétiques présentaient une résistance à l’insuline touchant plusieurs organes. Plus précisément, ils avaient une production accrue de glucose par le foie, une diminution de l’absorption du glucose par les muscles et des niveaux élevés d’acides gras non estérifiés, signe d’une résistance à l’insuline dans les tissus adipeux. Ces anomalies persistaient malgré un traitement intensif à l’insuline, suggérant une charge métabolique importante et un risque vasculaire accru à long terme.
Dans un second temps, une étude randomisée contrôlée par placebo a été menée auprès de 40 adultes atteints de DT1. Les participants ont reçu soit 1 500 mg de metformine par jour, soit un placebo pendant 26 semaines. L’objectif principal était de mesurer l’impact du traitement sur la production de glucose par le foie. Trente-sept participants ont terminé l’étude. Les résultats ont montré qu’il n’y avait aucune différence significative entre les deux groupes en termes de production de glucose. De plus, les intervalles de confiance n’indiquaient aucune tendance à un bénéfice clinique. Le traitement à la metformine a été bien toléré, avec des taux d’hypoglycémie et d’acidocétose similaires dans les deux groupes, mais il n’a pas eu l’effet métabolique attendu.
Ces conclusions ne plaident pas en faveur de l’utilisation systématique de la metformine pour réduire la résistance hépatique à l’insuline chez les adultes atteints de DT1. Bien que la metformine puisse encore être envisagée dans certains cas, notamment pour la gestion du poids ou pour réduire légèrement les doses d’insuline, cette étude démontre qu’elle ne corrige pas la résistance à l’insuline au niveau du foie, un facteur clé du risque cardiovasculaire. Les chercheurs soulignent la nécessité urgente de développer de nouvelles thérapies ciblant les mécanismes spécifiques de résistance à l’insuline propres au DT1.
Référence
Snaith JR et coll. Effet de la metformine sur la résistance à l’insuline chez les adultes atteints de diabète de type 1 : un essai clinique randomisé en double aveugle de 26 semaines. Nat Commun. 2025;16(1):9884.
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