Publié le 9 novembre 2025 à 16h41. La manière dont nous préparons notre café quotidien pourrait avoir un impact sur notre santé cardiovasculaire, selon de récentes études. Si la consommation modérée de café est généralement bénéfique, certaines méthodes d’infusion peuvent augmenter le taux de cholestérol.
- La consommation de café préparé à la presse française ou en espresso peut augmenter le taux de cholestérol sanguin.
- Le café filtré avec du papier est une option plus saine pour le cœur.
- La quantité de café consommée et les facteurs individuels jouent également un rôle dans son impact sur la santé.
Bien que largement appréciée et intégrée au quotidien de millions de personnes, la consommation de café n’est pas sans conséquences sur la santé, et plus particulièrement sur le système cardiovasculaire. L’impact précis dépendrait toutefois de la méthode de préparation utilisée.
Si une consommation modérée de café est souvent associée à des effets positifs, les dernières recherches scientifiques mettent en garde contre certaines pratiques. Les méthodes d’infusion telles que la presse française ou l’espresso peuvent contribuer à l’augmentation du cholestérol, tandis que le café filtré sur papier apparaît comme un choix plus judicieux pour ceux qui souhaitent préserver leur santé cardiaque.
Selon le Dr Trisha Pasricha, médecin et chercheuse clinique à la Harvard Medical School et chroniqueuse santé au Washington Post,
« Le café est excellent pour la santé, mais il peut augmenter le cholestérol s’il est mal préparé. »
Trisha Pasricha, médecin et chercheuse clinique à la Harvard Medical School
L’experte explique que les méthodes d’infusion qui ne font pas appel à un filtre en papier – comme la presse française, l’espresso ou le café bouilli – permettent le passage de composés appelés diterpènes (cafestol et kahweol). Ces substances sont connues pour augmenter le taux de cholestérol dans le sang.
Des études publiées dans le Journal Ochsner confirment que le café non filtré contient environ 7,2 mg de chacun de ces diterpènes par tasse, tandis que le filtre en papier retient la quasi-totalité de ces huiles, ne laissant que des traces minimes (0,02 mg par tasse).
L’École de santé publique Harvard TH Chan souligne que le café est passé du statut de boisson suspectée d’être cancérigène à celui de boisson aux effets potentiellement protecteurs, à condition d’être consommé avec modération.
La plupart des études internationales convergent : boire entre trois et cinq tasses de café par jour – l’équivalent d’environ 400 mg de caféine – est associé à une réduction du risque de maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires.
Toutefois, la tolérance individuelle varie. Les personnes ayant des difficultés à contrôler leur tension artérielle, ainsi que les femmes enceintes, doivent limiter leur consommation. Celles qui souffrent d’insomnie ou d’anxiété peuvent privilégier le café décaféiné, qui offre des avantages similaires.
Une étude publiée dans le Journal américain de nutrition clinique a démontré que s’abstenir de consommer du café filtré pendant six semaines réduisait le cholestérol total de 0,28 mmol/L chez les personnes qui en buvaient auparavant quatre tasses par jour.
Les preuves suggèrent également que le café filtré peut exercer des effets antiathérogènes en favorisant l’élimination du cholestérol par des mécanismes liés aux acides phénoliques présents dans la boisson.
En revanche, le café bouilli ou non filtré est associé à un risque plus élevé d’augmentation du taux de cholestérol et, potentiellement, de développement de maladies cardiovasculaires.
Il est important de noter que les résultats concernant la relation entre le café et le risque coronarien ne sont pas toujours concordants. Certaines études observent une association en forme de J – où une consommation modérée réduit le risque et une consommation élevée l’augmente – tandis que d’autres ne constatent pas de différences significatives en fonction de la quantité ou du type de café consommé.
Pour une consommation quotidienne, le Dr Pasricha recommande d’éviter la presse française en cas de consommation de plusieurs tasses par jour et d’opter pour des méthodes utilisant un filtre en papier, comme une cafetière traditionnelle, une méthode de versage, une infusion froide ou du café instantané. Ces dernières, ainsi que les capsules, sont souvent considérées comme filtrées, bien que les capsules soulèvent des préoccupations environnementales et des risques potentiels liés aux microplastiques.
L’Harvard TH Chan School of Public Health ajoute que les boissons à base de café contenant de la crème et des sirops peuvent annuler les bienfaits du café noir en raison de leur teneur élevée en calories et en graisses saturées.
Les recommandations tiennent également compte de groupes spécifiques. Les personnes ayant des difficultés à contrôler leur tension artérielle doivent modérer leur consommation, et les femmes enceintes ne doivent pas dépasser 200 mg de caféine par jour (environ deux tasses).
Enfin, la réponse au café dépend de facteurs génétiques : les personnes qui métabolisent lentement la caféine peuvent présenter un risque cardiovasculaire plus élevé à des doses élevées, selon des études citées par le Journal Ochsner.
Malgré l’abondance de données, des nuances et des controverses persistent dans la littérature scientifique. Même le café filtré peut légèrement augmenter le taux de cholestérol, bien que cet effet soit moindre que celui observé avec le café non filtré.
L’impact du café sur la santé dépend donc de multiples facteurs, notamment la méthode de préparation, la quantité consommée et les caractéristiques individuelles de chaque personne. La science continue de rechercher la meilleure façon d’en profiter, en recherchant l’équilibre entre plaisir et protection cardiovasculaire.
