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la moitié des femelles phoques ont déjà disparu

by Sophie Martin

Publié le 14 novembre 2025 à 19h30. La grippe aviaire, déjà préoccupante pour l’élevage, franchit une nouvelle étape inquiétante en touchant les populations de mammifères marins en Antarctique, révélant une capacité de transmission inédite et soulevant des questions sur le risque pour l’homme.

  • Le virus H5N1, une variante de la grippe aviaire, a causé la mort de 50 % des femelles éléphants de mer reproductrices sur l’île de Géorgie du Sud.
  • Des études récentes confirment la transmission du virus des oiseaux aux mammifères marins et entre ces derniers, transformant la situation en une panzootie mondiale.
  • Bien que le risque pour la population humaine soit actuellement considéré comme faible, la surveillance reste cruciale en raison du potentiel de mutation du virus.

Jusqu’à récemment considéré comme un sanctuaire impénétrable, l’Antarctique est désormais touché par une épidémie de grippe aviaire. L’émergence du virus hautement pathogène H5N1 dans cette région isolée constitue un tournant majeur dans la propagation de cette maladie, qui affecte déjà l’élevage avicole dans de nombreux pays, dont l’Espagne, où des mesures de confinement sont en place pour limiter la propagation.

L’ampleur de la catastrophe en Antarctique a été révélée grâce à l’utilisation de drones par l’équipe du British Antarctic Survey (BAS). En comparant la densité des populations de phoques marins avant et après l’arrivée du virus, les scientifiques ont constaté une perte alarmante de la moitié des femelles adultes sur l’île de Géorgie du Sud, un site crucial pour la reproduction de ces animaux. Cette méthode non invasive a permis d’obtenir des données précises sans perturber davantage un écosystème déjà fragilisé.

Cette découverte ne se limite pas à un bilan tragique pour les phoques. Elle confirme que le virus a trouvé un nouveau vecteur de transmission efficace : les mammifères marins. Une étude antérieure, publiée dans la revue Communications Nature, avait déjà mis en évidence la transmission du virus des oiseaux aux éléphants de mer et, surtout, la capacité du virus à se propager entre ces derniers. Les éléphants de mer, regroupés en masse sur les plages pendant la saison de reproduction, offrent un terrain fertile pour la propagation du virus, qui n’a plus besoin des oiseaux pour survivre.

Selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé animale le virus a touché plus de 150 millions d’oiseaux dans 84 pays, que ce soit par la mort directe ou par les abattages préventifs. Le Comité scientifique pour la recherche antarctique (SCAR) maintient une base de données actualisée pour centraliser toutes les détections de grippe aviaire à haute pathogénicité (IAHP) dans la faune antarctique.

La question du risque pour l’homme est au cœur des préoccupations. Une évaluation récente de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH) indique que le risque pour la population générale reste faible, mais souligne la nécessité d’une surveillance étroite. Chaque phoque infecté représente une nouvelle opportunité pour le virus de muter et de devenir une menace plus importante pour la santé humaine comme l’indiquent les scientifiques chinois qui surveillent une nouvelle souche du virus.

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