Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

La Moldavie prépare une nouvelle génération de cinéastes avec la troisième édition du Forum CinemaHora

Publié le 18 décembre 2025 à 17h39. La troisième édition de CinemaHora, un événement clé pour les jeunes cinéastes moldaves, s'est achevée sur une note optimiste, avec des annonces de financement accru et une volonté affirmée de développer…

La Moldavie prépare une nouvelle génération de cinéastes avec la troisième édition du Forum CinemaHora

Publié le 18 décembre 2025 à 17h39. La troisième édition de CinemaHora, un événement clé pour les jeunes cinéastes moldaves, s’est achevée sur une note optimiste, avec des annonces de financement accru et une volonté affirmée de développer l’industrie cinématographique du pays.

  • Le Centre national du cinéma moldave pourrait bénéficier d’un budget accru de 2,6 millions d’euros en 2026.
  • Les règles de financement du cinéma moldave ont été rendues plus transparentes.
  • Un nouveau festival de longs métrages de fiction est en projet, ainsi qu’une rénovation d’un cinéma public dédié aux films d’art et d’essai.

CinemaHora, qui s’est tenu les 13 et 14 décembre, s’est imposé comme un espace de réseautage et de formation essentiel pour les scénaristes moldaves en quête de moyens de transformer leurs idées en films et de les présenter à un public international. L’événement, qui tire son nom d’une danse traditionnelle, a rassemblé environ 150 professionnels et amateurs, autour d’un verre du célèbre vin moldave.

L’événement a été inauguré par Valentina Iusuphodjaev, directrice du Centre national du cinéma moldave, principal organisateur de l’initiative. Elle a souligné la prise de conscience croissante des décideurs moldaves quant au rôle du cinéma comme outil de diplomatie culturelle. Elle a annoncé que le centre pourrait disposer d’un budget de 2,6 millions d’euros (environ 2,4 millions de dollars américains) en 2026, et a précisé que les procédures de financement seraient désormais plus transparentes. De plus, un système de remboursement en espèces, pouvant atteindre 30 %, sera mis en place pour les productions étrangères tournées en Moldavie.

Parmi les priorités du Centre national du cinéma moldave figure l’organisation d’un festival de longs métrages de fiction. La Moldavie dispose déjà de deux festivals de films documentaires reconnus, Chronographe et Moldox, présentés lors de l’événement, mais un festival dédié à la fiction reste à créer.

La première table ronde a porté sur « Naviguer sur le marché du film roumain, les tendances et les défis de la distribution ». Stefan Bradéa, copropriétaire du distributeur roumain Mauvaise Licorne, a insisté sur l’importance de choisir des films qui touchent personnellement les distributeurs.

« Il faut commencer par quelque chose qui vous émeut, c’est la première étape pour émouvoir votre public. »

Stefan Bradéa, copropriétaire de Mauvaise Licorne

Il a également souligné la nécessité de se concentrer sur la construction d’une marque forte plutôt que sur la promotion de titres individuels, et de créer une communauté autour de cette marque.

Dorina Orgă, chef de projet pour TIFF illimité, a mis en avant l’importance des partenariats dans un marché ultra-compétitif. Elle a expliqué que la collaboration avec des plateformes similaires en Hongrie et en Pologne avait permis d’accroître la visibilité et l’efficacité de TIFF Unlimited. Miruna Berescu, productrice, a quant à elle relaté son expérience de distribution autonome, avant de s’associer à un distributeur établi, Film d’indépendance, pour la sortie de son film présenté à Cannes, Trois kilomètres jusqu’au bout du monde, réalisé par Emanuel Pârvu.

Une autre table ronde a été consacrée au financement du cinéma européen. Suzanne Newman, directrice exécutive du fonds Eurimages, a affirmé qu’il serait relativement facile pour la Moldavie d’adhérer à l’organisation. Elle a également conseillé aux futurs producteurs moldaves de penser à leur public cible dès le début de leurs projets. Martina Petrović, responsable du Bureau Europe Créative Croatie, a présenté les nombreuses possibilités offertes par un budget de plus de 20 millions d’euros pour développer un écosystème cinématographique plus performant. Adrian Teach, coordinateur de projet pour Cinémas Europa, a exposé les différents programmes mis en place pour former la prochaine génération de cinéphiles.

Frédérique Rouault, représentante de mk2, a souligné la nécessité pour les distributeurs d’enrichir l’expérience cinématographique en proposant des projections dans des lieux insolites ou en commercialisant des produits dérivés. Elle a cité l’exemple de la réédition du film La Ruée vers l’or de Charlie Chaplin à l’occasion de son centenaire, conseillant aux cinéastes de penser à la promotion dès la phase d’écriture du scénario. Le cinéaste géorgien Maradia Tsaava a, quant à lui, évoqué les tensions entre la communauté cinématographique géorgienne et les nouvelles directions du centre du cinéma local.

Face à la difficulté pour les courts métrages de trouver un public après leur passage en festival, les producteurs roumains Claudio Mitcu et Aline Boeru ont présenté Halta, une plateforme de visionnage dédiée aux courts métrages, dont le lancement est prévu au printemps prochain. Denis Kroupnov, producteur et distributeur chez Raison8, a présenté divers outils pour améliorer le positionnement d’un film sur un marché spécifique, en prenant l’exemple de Liberté de Tudor Giurgiu.

Lors d’une intervention distincte, le secrétaire d’État au ministère de la Culture, Andreï Chistol, a annoncé que la Moldavie avait rassemblé les documents nécessaires pour adhérer à Europe créative. Il a réaffirmé la volonté des autorités moldaves de renforcer la présence du pays sur la scène artistique européenne, notamment grâce à Creative Moldova, une organisation chargée de financer la participation d’artistes moldaves, dont les cinéastes, à des événements internationaux. La Roumanie a été mentionnée comme un partenaire traditionnel en matière de coproduction, mais des collaborations avec l’Allemagne et la Serbie se sont également développées. Simone Baumann, de Films allemands, a recommandé au Centre national du cinéma moldave de créer un département dédié à la promotion des productions locales à l’étranger. Natalia Mosor, directrice de l’Institut polonais de Bucarest, a souligné le succès de CinéPolska et la nécessité de toucher un public au-delà des grandes villes. Iryna Kyporenko, chef du département cinéma de l’ Institut ukrainien, a expliqué comment les cinéastes ukrainiens utilisent leurs films pour témoigner de la situation dans leur pays.

« Il ne suffit pas de faire un bon film, il faut aussi savoir où le montrer et comment le promouvoir. »

Iryna Kyporenko, chef du département cinéma de l’Institut ukrainien

L’intelligence artificielle a été brièvement abordée lors de la table ronde sur les nouvelles stratégies de marketing et de distribution, où Katarzyna Gromdzka, cofondatrice du studio d’animation en stop-motion Momaki, a exprimé la crainte de nombreux artistes face à l’IA, tout en soulignant son potentiel en tant qu’outil créatif. D’autres intervenants, Monica Felea, Sofia Jouer et Hermione Efstratiadou, ont insisté sur l’importance de connaître son public, de promouvoir les films comme une marque et de privilégier la présence en salles plutôt que les campagnes sur les réseaux sociaux.

Enfin, des experts tels que Michal Brégant, Julia Girulska et Wyoming ont discuté des moyens de redonner vie aux films classiques et de les rendre accessibles au public contemporain, soulignant l’importance de toucher les jeunes spectateurs.

CinemaHora s’est également conclu par une séance de pitch, au cours de laquelle 18 projets de longs métrages ont été présentés aux professionnels du secteur.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.