La NASA et le département américain de l’Énergie ont signé un accord de dix ans pour lancer en décembre 2028 le SR-1 Freedom, le premier vaisseau interplanétaire propulsé par fission nucléaire de l’histoire spatiale, qui mettra un an à atteindre Mars avec trois hélicoptères d’exploration à son bord.
L’agence spatiale américaine franchit un cap décisif dans ses projets d’exploration lointaine.
Reusing PPE module to build SR-1 Freedom
Pesant environ 12 tonnes, le vaisseau SR-1 Freedom embarquera un réacteur à fission nucléaire d’une puissance de 20 kW électriques. Pour tenir un calendrier serré qui prévoit un départ en décembre 2028, l’agence spatiale a fait le choix d’un réemploi stratégique en récupérant le module de propulsion PPE (Power and Propulsion Element) initialement développé pour la station lunaire Gateway, dont le projet a été abandonné.
Ce réacteur fonctionnera selon un cycle de Brayton fermé pour alimenter des propulseurs à effet Hall. Ces moteurs ioniques ionisent et éjectent du gaz à très haute vitesse pour générer une poussée continue mais infime, produisant moins d’un newton. Notre programme nucléaire SR-1 ne consiste pas à réclamer des milliards pour une mission entièrement nouvelle, expliquait Isaacman en mars. Nous n’avons pas gagné le droit de faire cela après 20 milliards de programmes qui ont échoué,
a rappelé la direction de l’agence.
À l’autre bout de la chaîne technique, les équipes de recherche du centre NASA Glenn à Cleveland s’activent pour boucler les arbitrages. Lindsay Kaldon, ingénieure nucléaire en charge du projet, résume l’exigence quotidienne de son équipe : Everyday I wake up and think,
Elle concède toutefois que le défi reste réalisable dans les délais impartis.How do we balance this correctly and protect everything else down the line on the spacecraft?
Deploying SkyFall for Mars Exploration
Une fois parvenu aux abords de la planète rouge fin 2029, le SR-1 Freedom larguera sa charge utile principale, baptisée SkyFall. Cette capsule déposera dans l’atmosphère martienne trois hélicoptères autonomes directement dérivés du drone Ingenuity, qui avait multiplié les vols sur Mars entre 2021 et 2024.

Plus grands et lourdement instrumentés que leur ancêtre, ces trois aéronefs emporteront des caméras cartographiques, des capteurs météorologiques mesurant les vents à diverses altitudes et un radar à pénétration de sol. Leur objectif opérationnel consiste à identifier des dépôts de glace souterraine et à évaluer les obstacles géologiques pour qualifier de futurs sites d’atterrissage habités.
La NASA prévoit un réacteur nucléaire lunaire dès 2030
La feuille de route atomique de l’agence ne s’arrête pas à la planète rouge. Dès 2030, la NASA vise l’atterrissage du Lunar Reactor-1 (LR-1) à la surface de la Lune afin d’alimenter la base permanente située près du pôle Sud.
Pour rassurer le public après de précédents historiques délicats — comme la mission SNAP-10A en 1965 ou la désintégration en 1978 du satellite soviétique Kosmos 954 —, Lindsay Kaldon rappelle que sept agences fédérales américaines devront valider la conformité de l’engin. We will not be able to fly this reactor if we cannot show that there is 0.0000% chance that there won’t be negative issues,
a-t-elle insisté.
Le travail que nous menons aujourd’hui pose les fondations des vaisseaux spatiaux propulsés par fission de demain.
Jared Isaacman, administrateur de la NASA, via Presse Citron