À Nanjing, en Chine, une intervention chirurgicale de cinq heures a permis de sauver la vie d’un ouvrier du bâtiment grièvement blessé après une chute spectaculaire. La tige d’acier qui lui a transpercé le corps de part en part a nécessité une opération d’une précision extrême, décrite par les médecins comme un véritable « déminage ».
L’alerte a été donnée peu après minuit, le 6 juillet 2025. Le professeur Ji Zhenling, directeur de l’hôpital Jiangbei de Nanjing, a été réveillé en sursaut par un appel d’urgence. Un homme, tombé d’un échafaudage situé entre trois et quatre étages de hauteur, avait été impalé par une tige d’acier de 3 centimètres d’épaisseur.
Dès son arrivée aux urgences, l’état du patient a immédiatement suscité l’inquiétude. Les examens tomodensitométriques (CT-scan) en 3D ont révélé l’étendue des dégâts : la tige avait traversé le bassin, l’abdomen et la poitrine, frôlant l’aorte, la veine cave et le foie. Une trajectoire dangereuse, comparable à un champ de mines, selon les termes du professeur Ji.
Les faits se sont déroulés quelques heures plus tôt, vers 22 heures. Zhang, l’ouvrier du bâtiment, avait perdu l’équilibre et chuté. L’impact avait été brutal, mais c’est la rencontre fortuite avec la tige d’acier verticale qui avait rendu la situation critique. Coincé et blessé, il respirait difficilement, le sang lui inondant la bouche. Ses collègues, arrivés sur les lieux, ont décrit une scène cauchemardesque.
Les ambulanciers, face à une blessure sans précédent, ont agi avec rapidité et pragmatisme. Ils ont scié la tige d’acier à 15 centimètres de la peau, stabilisé le patient et l’ont transporté d’urgence à l’hôpital. Une course contre la montre s’engageait.
À l’hôpital, une équipe médicale multidisciplinaire – chirurgiens généraux, anesthésistes, spécialistes cardio-thoraciques, orthopédistes et urologues – s’est réunie en urgence. Le professeur Ji a pris la direction des opérations, soulignant l’importance d’une approche méticuleuse : « N’oubliez pas, ce n’est pas une intervention chirurgicale ; c’est un déminage. Nous nous déplaçons en millimètres, pas en centimètres. »
L’opération, qui a débuté dans la nuit, a été d’une complexité extrême. Les chirurgiens ont procédé à une décontamination minutieuse de la cavité abdominale, suturant les zones de rupture intestinale pour prévenir les infections. L’étape la plus délicate a consisté à extraire la tige d’acier, en évitant de léser les vaisseaux sanguins vitaux. Pendant près de 40 minutes, l’équipe a progressé avec une précision millimétrique, tournant et reculant la tige d’un millimètre à la fois.
« Lentement », ordonnait le professeur Ji, sa voix calme servant de point d’ancrage dans le silence tendu de la salle d’opération. Chaque mouvement était calculé, chaque respiration retenue. Finalement, la résistance a cédé et la tige a pu être retirée sans provoquer de complications majeures.
Près de cinq heures après le début de l’intervention, l’opération était terminée. Au lever du soleil, le professeur Ji a quitté le bloc opératoire, soulagé. « Je ne me considère pas comme un héros », a-t-il déclaré plus tard. « Je me considère comme un artisan, luttant contre le chaos, chargé du matériau le plus fragile de tous : la vie humaine. »
Le patient, stabilisé, était en convalescence. La tige d’acier, relique macabre de cette nuit, témoignait de la fragilité de la vie et de l’extraordinaire dévouement des équipes médicales.
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