Publié le 15 janvier 2024. Le virus de la grippe aviaire à haute pathogénicité (H5N1), un sous-type particulièrement virulent, a été identifié comme la cause de mortalité massive chez une colonie de labbes en Antarctique, confirmant les craintes d’une propagation de la maladie au sein de la faune unique du continent.
- Des analyses approfondies ont révélé que le H5N1 HPAIV provoque une nécrose multi-organique et une mort rapide chez les labbes, mais pas chez les autres espèces étudiées.
- La découverte, effectuée en mars 2024 sur l’un des dix sites antarctiques visités par les chercheurs, souligne le risque de mortalité continue pour les populations de labbes déjà vulnérables.
- Les labbes, en raison de leur large répartition géographique, pourraient jouer un rôle significatif dans la dissémination du virus à travers l’Antarctique.
L’extension du virus H5N1, clade 2.3.4.4b, à de nouvelles espèces hôtes et à des zones géographiques plus vastes, avait déjà été observée. En 2023, le virus avait atteint l’Antarctique, suscitant l’inquiétude quant à son impact potentiel sur la faune locale. Jusqu’à présent, la mortalité chez les animaux antarctiques était suspectée, principalement sur la base de l’analyse virologique d’échantillons prélevés sur des carcasses, mais n’avait pas été formellement diagnostiquée.
L’étude, dont les résultats sont publiés dans Nature, combine des analyses virologiques, bactériologiques et pathologiques pour établir un lien direct entre le H5N1 HPAIV et la mortalité observée chez les labbes. Les chercheurs ont constaté que le virus provoquait des dommages importants à plusieurs organes, entraînant une mort rapide chez ces oiseaux. À l’inverse, d’autres espèces présentes sur les mêmes sites n’ont pas été affectées.
Compte tenu de la vulnérabilité des populations de labbes antarctiques et de leur rôle potentiel dans la propagation du virus, les chercheurs insistent sur la nécessité d’une surveillance transdisciplinaire continue. Cette surveillance permettra de suivre l’évolution de la maladie et d’évaluer son impact sur la faune unique de l’Antarctique dans les années à venir.
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