Publié le 27 septembre 2025 à 12h15. Des chercheurs révèlent que les troubles de l’odorat, souvent persistants après une infection au Covid-19, sont bien plus fréquents qu’on ne le pense, même chez les personnes qui ne signalent aucun problème.
- Près de 80 % des personnes ayant eu la Covid-19 et signalant une perte d’odorat présentent encore des scores faibles à un test clinique deux ans après l’infection.
- Un pourcentage surprenant de personnes ayant eu la Covid-19, mais ne signalant aucun trouble de l’odorat, présentent également des résultats anormaux aux tests.
- La perte d’odorat, même légère, peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie, la sécurité et peut même précéder des maladies neurodégénératives.
Les séquelles de la Covid-19 continuent de se faire sentir, et les troubles de l’odorat en font partie. Une étude récente, menée par une équipe nationale coordonnée par NYU Langone Health’s Clinical Science Core dans le cadre de l’Initiative de récupération des NIH, confirme que la perte ou l’altération de l’odorat est un problème courant et souvent sous-estimé chez les personnes ayant été infectées par le SARS-CoV-2.
L’étude, publiée dans JAMA Network Open, a porté sur 3 535 adultes, avec et sans antécédents de Covid-19. Les participants ont été soumis au Test d’identification des odeurs de l’Université de Pennsylvanie (UPSIT), considéré comme la référence en matière de tests cliniques de l’odorat. Ce test consiste à identifier 40 odeurs différentes à partir de vignettes olfactives.
Les résultats sont sans appel : 80 % des participants ayant eu la Covid-19 et ayant signalé une détérioration de leur odorat ont obtenu des scores faibles au test, environ deux ans après l’infection. Dans ce groupe, 23 % ont subi une altération sévère de leur odorat, voire une perte totale.
Ce qui a surpris les chercheurs, c’est le nombre de personnes ayant eu la Covid-19 et ne signalant aucun problème d’odorat qui présentaient néanmoins des résultats anormaux au test. Soixante-six pour cent de ces adultes ont obtenu un score anormalement bas, révélant ainsi un déficit olfactif non perçu.
« Nos résultats confirment que les personnes ayant des antécédents de Covid-19 peuvent être particulièrement à risque de voir leur odorat affaibli, un problème qui est déjà sous-reconnu dans la population générale »,
Leora Horwitz, MD, co-dirigeante de l’étude
L’étude souligne également que la perte d’odorat n’est pas un phénomène exclusif à la Covid-19. Soixante pour cent des participants n’ayant pas été infectés par le virus, mais signalant ne pas avoir de problèmes d’odorat, ont également échoué au test UPSIT. Cette observation renforce l’idée que la perte d’odorat peut être un signe précoce de diverses affections.
L’hyposmie, ou diminution de la capacité olfactive, n’est pas une simple nuisance. Elle peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie, entraîner une perte d’appétit, des troubles de l’humeur et même augmenter le risque de dépression. De plus, un odorat diminué peut rendre plus difficile la détection de dangers tels que les aliments avariés, les fuites de gaz ou la fumée.
Sur le plan clinique, le dysfonctionnement de l’odorat peut également précéder l’apparition de maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer, qui affectent les régions du cerveau responsables du traitement des odeurs. Une détection précoce du déclin olfactif pourrait donc permettre une intervention plus rapide.
Les chercheurs explorent actuellement des pistes pour restaurer l’odorat après une infection virale, notamment la supplémentation en vitamine A et la formation structurée olfactive, qui consiste en une exposition répétée à des odeurs spécifiques pour « recâbler » la perception olfactive.
Bien que l’étude apporte des éclaircissements importants, elle présente certaines limites. Les chercheurs n’ont pas mesuré directement le goût, qui est souvent affecté en même temps que l’odorat. De plus, certains participants déclarés « non infectés » ont pu avoir contracté la Covid-19 de manière asymptomatique, ce qui pourrait biaiser les résultats. Enfin, le test UPSIT ne fournit qu’une évaluation ponctuelle de l’odorat, et ne permet pas de suivre son évolution dans le temps.
En conclusion, cette étude confirme que la Covid-19 peut avoir des conséquences durables sur les sens, et souligne l’importance de dépister les troubles de l’odorat chez les personnes ayant été infectées par le virus. Si vous avez eu la Covid-19, et que vous avez remarqué un changement dans votre odorat, ou si vous présentez des troubles persistants de l’appétit, du plaisir de manger ou de votre humeur, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.
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