Home SantéLa plupart des patients atteints de HGSOC ont manqué des chances de subir une salpingectomie opportuniste lors d’opérations chirurgicales préalables au diagnostic

La plupart des patients atteints de HGSOC ont manqué des chances de subir une salpingectomie opportuniste lors d’opérations chirurgicales préalables au diagnostic

by Sophie Martin

Publié le 30 novembre 2025. Une étude récente révèle que plus de la moitié des femmes diagnostiquées avec un cancer séreux de haut grade de l’ovaire (CSHGO) avaient déjà subi des interventions chirurgicales abdominales ou pelviennes des années auparavant, des situations où une salpingectomie préventive aurait pu être envisagée.

  • Plus de 56 % des patientes atteintes de CSHGO avaient subi au moins une intervention chirurgicale abdominale ou pelvienne avant leur diagnostic.
  • L’âge médian au moment de la première intervention chirurgicale était de 34,4 ans, avec un intervalle moyen de 28 ans avant le diagnostic de cancer.
  • Les gynécologues ont réalisé la majorité de ces interventions, mais des chirurgiens d’autres spécialités auraient également pu proposer une salpingectomie.

Le cancer séreux de haut grade de l’ovaire (CSHGO) représente environ 75 % des nouveaux diagnostics de cancer de l’ovaire et est la principale cause de décès liés à cette maladie en raison de sa prévalence et de son agressivité. Des recherches menées au cours des 25 dernières années ont démontré que le CSHGO prend souvent naissance dans les fimbries des trompes de Fallope, et non dans l’épithélium ovarien. Cette découverte a conduit à la recommandation de la salpingectomie opportuniste lors des interventions gynécologiques bénignes chez les femmes ayant terminé leur désir de grossesse ou subissant une stérilisation tubaire.

Des études antérieures ont montré que la salpingectomie opportuniste est une procédure peu invasive, avec un faible risque de complications et un coût abordable pour la prévention du cancer de l’ovaire. Afin d’évaluer son potentiel préventif chez les femmes à risque moyen, les chercheurs envisagent désormais son application lors d’interventions chirurgicales abdominales ou pelviennes non gynécologiques.

Pour déterminer combien de patientes diagnostiquées avec un CSHGO avaient déjà subi des interventions chirurgicales où une salpingectomie aurait pu être proposée, des chercheurs de la Mayo Clinic ont mené une étude rétrospective sur les données de leur base de données Outcomes in EOC. Ils ont analysé les dossiers de patientes diagnostiquées avec un CSHGO entre 2014 et 2021, en collectant des informations démographiques, les antécédents chirurgicaux et la spécialité médicale du chirurgien.

L’étude a inclus 605 patientes, dont 95,2 % étaient de race blanche, avec un âge médian de 65 ans au moment du diagnostic. La majorité des patientes (90,9 %) ont été diagnostiquées à un stade avancé (III ou IV) de la maladie. 56,5 % (342 patientes) avaient subi au moins une intervention chirurgicale abdominale ou pelvienne antérieure, soit un total de 500 interventions. L’âge médian lors de la première intervention était de 34,4 ans, et l’intervalle moyen entre cette intervention et le diagnostic de CSHGO était de 28 ans.

Les interventions chirurgicales ont été réalisées par sept spécialités différentes. La gynécologie représentait la proportion la plus élevée (59,4 %), suivie de la chirurgie générale et traumatologique (35,2 %). Les autres spécialités (chirurgie bariatrique, colorectale, transplantation, urologie et hépatobiliaire) représentaient 5,4 % des interventions.

Parmi les interventions réalisées par les gynécologues, les plus fréquentes étaient la ligature des trompes (33,0 % ; 98 interventions), l’hystérectomie (33,0 % ; 98 interventions), la césarienne (24,6 % ; 73 interventions) et la cystectomie ovarienne (5,1 % ; 15 interventions). Les chirurgiens généraux ont principalement pratiqué des cholécystectomies (53,4 % ; 94 interventions), des appendicectomies (27,8 % ; 49 interventions) et des réparations de hernies (11,9 % ; 21 interventions).

Les chercheurs reconnaissent certaines limites à leur étude, notamment le manque de diversité ethnique et raciale de la population étudiée, ce qui pourrait limiter la généralisation des résultats. Ils soulignent néanmoins l’importance de leurs découvertes pour la prévention du cancer de l’ovaire.

« … il existe des opportunités d’élargir le potentiel de la salpingectomie opportuniste dans les spécialités chirurgicales non gynécologiques », ont conclu les auteurs. « Bien qu’il faudra du temps pour accumuler des données à long terme sur le véritable impact de la salpingectomie opportuniste, nous pouvons commencer à ouvrir la voie à ce qui devrait être une amélioration spectaculaire de la mortalité associée au cancer de l’ovaire en élargissant les possibilités chirurgicales au cours desquelles les patientes reçoivent des conseils et une salpingectomie opportuniste. »

Tischer KM, Islam NS, McGree ME et al.

Références

  1. Tischer KM, Islam NS, McGree ME et al. Quantifier les opportunités de réduire le cancer séreux de l’ovaire de haut grade via la salpingectomie opportuniste. Gynécol Oncol. Publié en ligne le 5 novembre 2025. doi:10.1016/j.ygyno.2025.10.028
  2. Cancer de l’ovaire. Alliance de recherche sur le cancer de l’ovaire. Consulté le 30 novembre 2025. https://ocrahope.org/for-patients/gynecologic-cancers/ovarian-cancer/

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