Publié le 23 décembre 2025. La police britannique a classé sans suite l’enquête ouverte suite à des chants pro-palestiniens tenus par le groupe Bob Vylan lors du festival de Glastonbury, estimant qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour engager des poursuites.
La police d’Avon et du Somerset a annoncé ce mardi qu’elle ne mènerait aucune action judiciaire après avoir examiné les propos tenus par le duo punk-rap Bob Vylan lors de leur concert du 28 juin dernier. L’enquête avait été ouverte suite à des chants de « mort, mort » dirigés contre l’armée israélienne, prononcés par Pascal Robinson-Foster, alias Bobby Vylan, en raison de la guerre à Gaza.
Selon la police, les éléments recueillis ne permettent pas d’espérer une condamnation. Une trentaine de personnes ont été interrogées et environ 200 spectateurs ont été contactés dans le cadre de l’enquête. « Nous pensons qu’il est juste que cette affaire ait fait l’objet d’une enquête approfondie, que chaque infraction pénale potentielle ait été soigneusement examinée et que nous ayons sollicité tous les conseils possibles pour nous assurer que nous avons pris une décision éclairée », a déclaré la police dans un communiqué.
Les chants, diffusés en direct par la BBC, avaient suscité une vive polémique. La chaîne publique s’était ensuite excusée pour la diffusion de ce qu’elle avait qualifié de « comportement aussi offensant et déplorable », son service des plaintes concluant à une violation des directives éditoriales.
La police a précisé avoir pris en compte l’intention derrière les propos, le contexte général, la jurisprudence applicable et les questions de liberté d’expression avant de prendre sa décision.
Cette affaire intervient après qu’une enquête similaire concernant le groupe irlandais Kneecap, qui avait scandé « Free Palestine » lors d’un concert, ait également été classée sans suite en juillet, pour les mêmes raisons : « preuves insuffisantes pour offrir une perspective réaliste de condamnation pour une infraction quelconque ».
Par ailleurs, Bob Vylan a lancé une procédure en diffamation contre la chaîne de télévision irlandaise RTE, accusant celle-ci d’avoir affirmé à tort qu’ils avaient entonné des chants antisémites lors de leur prestation à Glastonbury. De plus, les États-Unis ont révoqué les visas du groupe, entraînant l’annulation d’une tournée américaine prévue en octobre.
« Les propos tenus samedi 28 juin ont suscité une colère généralisée, prouvant que les mots ont des conséquences concrètes », a souligné la police d’Avon et du Somerset dans son communiqué.
Sur le même sujet
