Publié le 17 décembre 2025 à 02h46. Le gouvernement sud-coréen s’apprête à opérer une transformation profonde du marché immobilier en 2026, en misant sur une transparence accrue et une offre élargie pour tenter de maîtriser les prix et de stabiliser le secteur.
- Renforcement de la transparence des transactions immobilières avec l’obligation de fournir des justificatifs de financement.
- Extension des crédits d’impôt pour les locataires et assouplissement des règles pour les projets de rénovation urbaine.
- Création d’un service de surveillance dédié à la lutte contre les pratiques illégales sur le marché immobilier.
À partir de janvier 2026, une série de mesures visant à réguler le marché immobilier sud-coréen entreront en vigueur. Ces changements, annoncés par le gouvernement, visent à corriger les déséquilibres actuels et à rendre le logement plus accessible aux citoyens, tout en luttant contre la spéculation.
Dès le mois prochain, les agents immobiliers agréés devront obligatoirement présenter le contrat de vente et la preuve de dépôt lors de la déclaration d’une transaction. Cette nouvelle exigence, qui n’existait pas auparavant, vise à renforcer la traçabilité des opérations et à prévenir les fraudes. Par ailleurs, la présentation des plans de financement et des justificatifs financiers, jusqu’alors limitée aux zones de spéculation, sera étendue à l’ensemble des transactions immobilières soumises à autorisation.
Le gouvernement entend également soutenir les locataires en étendant le crédit d’impôt mensuel pour le loyer, notamment aux travailleurs non propriétaires, y compris les couples qui résident temporairement dans une autre région pour des raisons professionnelles. Pour freiner l’endettement des ménages, la mise en œuvre du relèvement de la limite inférieure de pondération des risques pour les prêts hypothécaires bancaires (de 15 % à 20 %) sera avancée d’avril à janvier. Les prêts de soutien au crédit-bail, initialement réservés aux locataires des sites de réaménagement urbain, seront élargis aux nouveaux immigrants vivant dans ces zones.
En février, une refonte des systèmes de promotion des projets d’amélioration du logement à petite échelle est prévue, avec des assouplissements des normes relatives à la superficie des rues, des exigences de désignation d’un exploitant commercial pour les entreprises de fiducie, et l’application d’un ratio de surface de plancher spécifique pour la fourniture d’infrastructures. Des modifications des normes de prix d’acquisition des logements locatifs sont également à l’étude.
Le gouvernement prévoit également d’ajuster les taux de cotisation au Fonds de Garantie du Crédit Logement en fonction du montant du prêt immobilier, avec des taux plus élevés pour les prêts importants et plus faibles pour les prêts modestes. Enfin, pour lutter contre les pratiques illégales, un Service de surveillance de l’immobilier (nom provisoire) sera créé, doté d’une équipe d’enquêteurs spécialisés, afin de coordonner les actions avec les différentes agences concernées.
Des mesures fiscales favorables seront également maintenues et étendues, notamment la prolongation de cinq ans du délai d’application d’une fiscalité spéciale pour les droits de mutation sur les logements ruraux, jusqu’au 31 décembre 2030. Le projet d’aide au loyer mensuel pour les jeunes sans-abri, initialement temporaire, sera transformé en dispositif permanent à partir de 2026, avec une augmentation de la période et du montant de l’aide. La réglementation excluant les droits de mutation élevés pour les logements collectifs dans les zones soumises à aménagement sera prolongée d’un an, jusqu’au 9 mai 2026, tout comme le délai de conversion des dépôts et acomptes d’abonnement en épargne globale d’abonnement logement, prolongé jusqu’au 30 septembre de l’année prochaine.
Lee Kyuhyun, journaliste
