Home SantéLa pollution de l’air aggraverait l’apnée du sommeil

La pollution de l’air aggraverait l’apnée du sommeil

by Sophie Martin

La qualité de l’air que nous respirons, même pendant notre sommeil, pourrait avoir un impact significatif sur notre santé respiratoire. Une vaste étude européenne révèle un lien direct entre la pollution atmosphérique et l’aggravation des symptômes de l’apnée obstructive du sommeil (AOS).

L’apnée du sommeil, caractérisée par des interruptions répétées de la respiration nocturne, est un trouble souvent méconnu. Elle ne se contente pas de provoquer une somnolence diurne excessive, mais augmente également le risque de développer de l’hypertension artérielle, des accidents vasculaires cérébraux, des maladies cardiaques et du diabète de type 2, soulignent les chercheurs.

L’étude, présentée lors du congrès de la Société européenne de pneumologie (ERS) à Amsterdam, aux Pays-Bas, a analysé les données de plus de 19 000 patients issus de 25 villes et 14 pays. Les chercheurs ont croisé les résultats des études du sommeil avec les niveaux de PM10, des particules fines provenant notamment des gaz d’échappement et de l’activité industrielle.

Les résultats confirment une corrélation statistiquement significative entre l’exposition à long terme aux PM10 et la sévérité de l’AOS. Selon le professeur Martino Pengo, coordinateur de l’étude, « chaque augmentation d’une unité de PM10 correspond à une hausse de 0,41 du nombre d’événements respiratoires par heure de sommeil ». Bien que cet effet puisse sembler limité à l’échelle individuelle, il prend une dimension importante en matière de santé publique.

L’étude met également en évidence des disparités géographiques. Les villes de Lisbonne, Paris et Athènes présentent une corrélation plus marquée entre la pollution de l’air et la gravité de l’apnée du sommeil. Ces différences pourraient s’expliquer par des facteurs climatiques, la composition spécifique des polluants ou encore les pratiques de dépistage du trouble.

« Cette étude est un rappel important que la lutte contre la pollution n’est pas seulement essentielle pour la planète, mais aussi pour notre respiration et la qualité de notre sommeil », insiste la professeure Sophia Schiza, spécialiste du sommeil.

Les chercheurs recommandent aux personnes souffrant d’apnée du sommeil et vivant en milieu urbain de surveiller la qualité de l’air environnante. Ils conseillent d’aérer les habitations aux heures les moins polluées, d’utiliser des purificateurs d’air et d’en discuter avec leur médecin.

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