L’armée nigériane a libéré 44 élèves et enseignants enlevés le 15 mai dernier dans l’État d’Oyo, après 56 jours de captivité.
L’émotion était palpable lundi lors de la cérémonie de remise des rescapés au gouverneur de l’État d’Oyo, Seyi Makinde, à Ibadan. Ce dénouement marque la fin d’un calvaire débuté le 15 mai, lorsque des hommes armés ont attaqué trois établissements dans la zone de gouvernement local d’Oriire : la Community High School d’Ahoro-Esiele, l’école primaire d’Esiele et l’école maternelle et primaire baptiste de Yawota.
Le traumatisme et les exécutions sommaires dans la forêt
Le groupe a également été confronté à la violence extrême pour servir de moyen de pression. Deux enseignants ont été délibérément exécutés. L’attaque initiale avait déjà coûté la vie à Joel Adesiyan, un directeur adjoint, ainsi qu’à un conducteur de moto-taxi.

Les défis tactiques du Général Chinedu Ralph-Nnebeife
L’opération de sauvetage a nécessité une coordination massive entre les forces armées, la police, le State Security Service (SSS), la National Intelligence Agency et le corps Amotekun. Le major-général Chinedu Ralph-Nnebeife, commandant de la 2e division de l’armée nigériane, a expliqué que la topographie du terrain a presque rendu inutiles les technologies de pointe. Les victimes étaient détenues dans le parc national d’Old Oyo, une réserve forestière dense connectée au parc national de Kainji, zone vers laquelle aurait migré une franchise du Boko Haram dirigée par Sadiku, selon Premium Times Nigeria.
Le porte-parole de la présidence, Bayo Onanuga, a précisé qu’aucun rançon n’a été payée et qu’aucun échange de prisonniers n’a eu lieu pour obtenir la libération des otages.
L’appel de Tony Ojukwu et la Commission nationale des droits de l’homme
Si le retour des 44 survivants est une victoire, la Commission nationale des droits de l’homme (NHRC) rappelle que le devoir de protection de l’État s’étend à tous les citoyens, conformément aux articles 33 et 35 de la Constitution de 1999. Tony Ojukwu, secrétaire exécutif de la NHRC et Senior Advocate of Nigeria (SAN), a insisté sur le fait que ce succès ne doit pas être considéré comme un cas isolé.
L’organisation souligne un contraste frappant : alors que les enseignants d’Oyo retrouvent la liberté, d’autres enfants enlevés le même jour (15 mai) dans la région d’Askira Uba, dans l’État de Borno, demeurent toujours captifs.
Impact social et reconstruction dans l’État d’Oyo
L’onde de choc de ces enlèvements a paralysé le système éducatif local. L’attaque a déclenché une indignation telle que les enseignants de tout l’État d’Oyo ont entamé une grève illimitée.
Pour Mrs. Alamu Folawe, le chemin vers la guérison commence maintenant, bien que les cicatrices émotionnelles soient profondes.
- Bilan humain : 44 personnes libérées, 3 morts confirmés (dont deux enseignants exécutés en captivité).
- Localisation : Zone d’Oriire, forêt du parc national d’Old Oyo.
- Résultat militaire : 8 suspects arrêtés, aucune rançon versée.
La question demeure désormais celle de la sécurité durable dans les réserves forestières, comme celle d’Old Oyo, qui servent de refuges aux groupes armés et compliquent les interventions aériennes et technologiques de l’armée.
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