Des astronomes ont identifié le quasar J0529-4351 comme l’objet le plus lumineux jamais observé dans l’univers. Situé à 12 milliards d’années-lumière, ce noyau galactique actif est alimenté par un trou noir dévorant l’équivalent d’un soleil par jour, selon une étude publiée le 19 février 2024 dans la revue Nature Astronomy.
C’est un record absolu de luminosité. Le quasar J0529-4351 brille 500 000 milliards de fois plus que notre soleil. Pour comprendre l’échelle de cette puissance, il faut regarder vers son centre : un trou noir supermassif dont la masse est estimée à 17 milliards de fois celle du soleil.
L’objet est si vorace qu’il consomme environ un Soleil par jour. Ce rythme d’accrétion en fait le trou noir à la croissance la plus rapide jamais observé. Cependant, cette lumière colossale ne provient pas du trou noir lui-même, mais du disque d’accrétion qui l’entoure, un nuage de plasma et de poussière stellaire chauffé à blanc.
Le disque d’accrétion de J0529-4351 : un ouragan cosmique
Le disque de gaz et de poussière entourant ce trou noir mesure sept années-lumière de diamètre.

Cela ressemble à une gigantesque cellule orageuse magnétique avec des températures de 10.000 °C, des éclairs partout et des vents si rapides qu’ils feraient le tour de la Terre en une seconde
Christian Wolf, astronome à l’Université nationale australienne
Le professeur Wolf, auteur principal de l’étude, précise que cette structure s’étend sur une distance 50 % supérieure à celle séparant notre système solaire de l’étoile Alpha Centauri. Il décrit cet environnement comme «l’endroit le plus violent que nous connaissions dans l’univers».
Une erreur d’identification persistante
L’existence de J0529-4351 était connue, mais son identité était erronée. Repéré dans les données recueillies dans les années 1980 par le télescope de l’Observatoire de Siding Spring, l’objet a longtemps été classé comme une simple étoile.
Ce retard s’explique par les limites des outils de détection. La confirmation a nécessité l’usage du spectrographe X-shooter du Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire européen austral (ESO), situé dans le désert d’Atacama au Chili.
Comparaisons et records de luminosité cosmique
L’ESO a rappelé qu’un quasar précédemment détecté par le télescope Hubble avait été estimé à 600 000 milliards de soleils. Toutefois, des recherches ultérieures ont révélé que cet éclat était amplifié «par l’effet d’une galaxie lentille», ramenant sa luminosité réelle «à environ 11.000 milliards de soleils».

J0529-4351 se distingue donc par une luminosité intrinsèque et vérifiée. On peut comparer sa voracité à d’autres phénomènes extrêmes :
| Objet/Événement | Caractéristique principale | Luminosité / Masse |
|---|---|---|
| J0529-4351 | Quasar (Croissance rapide) | 500 000 milliards de soleils / 17 milliards de masses solaires |
| J2245+3743 | Sursaut (TDE – Étoile géante) | 10 000 milliards de soleils |
Une fenêtre sur l’univers primordial
L’observation de J0529-4351 est un voyage temporel. Sa lumière a mis plus de 12 milliards d’années pour atteindre la Terre. Puisque l’univers est âgé de 13,8 milliards d’années, les astronomes observent cet objet tel qu’il était lorsque le cosmos n’avait que 2 milliards d’années environ.
La découverte de ce monstre cosmique pose des questions sur la formation des trous noirs supermassifs. Christian Wolf a décrit cet objet comme «tellement aberrant» qu’il doute que l’équipe en trouve un autre semblable.
Pour approfondir la compréhension de ces mécanismes, les chercheurs comptent s’appuyer sur les futures capacités de l’Extremely Large Telescope (ELT) de l’ESO ainsi que sur la mise à niveau de l’interféromètre du VLT.
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