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La pollution de l’air pendant la grossesse associée à une maturation cérébrale plus lente chez les nouveau-nés

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:30:00. Une exposition accrue à la pollution atmosphérique pendant la grossesse pourrait ralentir le développement cérébral des nourrissons, selon une étude menée à Barcelone. Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les efforts de décontamination urbaine pour protéger la santé des futurs enfants.

  • L’exposition aux particules fines (PM2,5) pendant la grossesse est associée à une myélinisation plus lente du cerveau des nouveau-nés.
  • La myélinisation, processus clé de la maturation cérébrale, peut être perturbée par la pollution atmosphérique.
  • Les chercheurs insistent sur l’importance de contrôler la pollution de l’air et d’étudier les effets à long terme de ces perturbations sur le développement cognitif.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’ISGlobal (Institut de Santé Globale de Barcelone) et des hôpitaux de la ville révèle un lien entre l’exposition des femmes enceintes aux particules fines en suspension (PM2,5) et un développement cérébral plus lent chez les nouveau-nés. Les PM2,5, des particules d’un diamètre environ trente fois plus petit qu’un cheveu humain, sont issues de la combustion et contiennent des composés organiques toxiques, mais aussi des éléments essentiels au développement du cerveau comme le fer, le cuivre ou le zinc.

L’étude, qui a suivi des femmes enceintes à l’Hospital Clínic Barcelona, à l’Hôpital de Sant Pau et à l’Hôpital Sant Joan de Déu, a permis d’observer le degré de myélinisation du cerveau de 132 nouveau-nés grâce à des IRM réalisées avant leur premier mois de vie. La myélinisation est un processus crucial qui consiste à recouvrir les connexions neuronales d’une substance isolante, la myéline, ce qui permet une transmission plus rapide et efficace de l’information.

Les résultats montrent une corrélation claire : plus l’exposition maternelle aux PM2,5 est élevée pendant la grossesse, plus la myélinisation du cerveau du nouveau-né est faible. Le processus de myélinisation, un indicateur de la maturation cérébrale, progresse donc plus lentement chez les bébés les plus exposés.

« La pollution de l’air, en particulier les PM2,5, est associée à une altération du processus de myélinisation, un mécanisme essentiel de la maturation cérébrale. Nous devons donc continuer à contrôler la pollution et étudier comment ce ralentissement peut influencer le développement ultérieur du cerveau des garçons et des filles. »

Gerard Martínez-Vilavella, chercheur à l’unité de résonance magnétique du service de radiologie de l’hôpital del Mar, intégré au réseau dibi, et de l’institut de recherche de l’hôpital del Mar

Les chercheurs précisent qu’un ralentissement, mais aussi une accélération excessive de la maturation cérébrale, peuvent être préjudiciables à l’enfant. Il reste à déterminer si le ralentissement observé dans cette étude aura des conséquences négatives sur les capacités cognitives des enfants à long terme. Ils soulignent également que l’effet observé semble lié à la combinaison des différents composants des PM2,5, et non à un seul élément en particulier, ce qui rend l’étude des mécanismes en jeu d’autant plus complexe.

« Dans la première étape de la vie, les changements dans le cerveau sont importants et complexes. Un ralentissement et une accélération excessifs de la maturation cérébrale peuvent être nocifs pour l’enfant. Mais reste à déterminer si l’effet observé est nécessairement nocif. »

Jesús Pujol, chef de l’unité de résonance magnétique du service de radiologie de l’hôpital del Mar

Jordi Sunyer, chercheur à ISGlobal, insiste sur la nécessité de renforcer les politiques de décontamination urbaine. Les résultats de cette étude, menée sur des nouveau-nés nés à Barcelone après la mise en place de la première phase de la zone à faibles émissions, montrent que les efforts actuels ne sont pas suffisants. « Nous ne pouvons pas renoncer aux projets de décontamination des villes. Des mesures supplémentaires doivent être prises pour atteindre les nouveaux critères de qualité de l’air », affirme-t-il.

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