Pologne : Durcissement des conditions d’accueil pour les réfugiés ukrainiens
Le président polonais a signé une loi prolongeant les programmes de protection spéciale pour les réfugiés ukrainiens, mais qui resserre simultanément les conditions de séjour dans le pays, a annoncé le 26 avril dernier.
L’un des principaux changements concerne les règles d’attribution des prestations aux mineurs. Désormais, les parents d’étrangers – y compris les Ukrainiens – ne pourront demander des aides sociales pour leurs enfants que s’ils travaillent en Pologne et y paient des impôts. De plus, pour bénéficier de ces paiements, l’enfant devra fréquenter un établissement d’enseignement en Pologne, sauf cas de handicap.
Par ailleurs, les étrangers ne bénéficieront plus de certains services médicaux gratuits et d’autres avantages. Ces nouvelles mesures visent, selon les autorités, à mettre fin à un “tourisme” ukrainien aux dépens des contribuables polonais.
Fin du soutien spécial en mars 2026
Le soutien spécial aux Ukrainiens prendra fin après le 4 mars 2026, date d’expiration de la nouvelle loi. “Il s’agit du dernier projet de loi signé par le président dans le cadre de cette formule d’assistance… car aujourd’hui il n’y a aucune raison de poursuivre de telles activités”, a déclaré un porte-parole.
Cependant, la fin de cette assistance spéciale ne signifiera pas une cessation complète de la protection des Ukrainiens en Pologne. À partir du printemps 2026, ils seront traités comme tout autre étranger.
Les tensions concernant le soutien aux réfugiés ukrainiens se sont accrues depuis l’élection du président actuel, issu du parti conservateur “Droit et Justice”. Il avait déjà bloqué l’extension de la loi sur l’assistance sociale aux Ukrainiens, invoquant la priorité donnée à la Pologne.
Pression sur la loi concernant les symboles nationalistes ukrainiens
Le 29 septembre, le président polonais soumettra au parlement deux autres projets de loi liés à la situation en Ukraine et aux relations entre Varsovie et Kyiv.
Le premier projet de loi concerne l’allongement de la période de résidence requise pour demander la nationalité polonaise. Actuellement fixée à deux ans pour les réfugiés, elle pourrait être portée à dix ans.
Le second projet vise à interdire la diffusion de symboles liés à Stepan Bandera et à l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), ainsi que la diffusion de mensonges concernant les événements de Volhynie. Il s’agit de répondre aux initiatives visant à interdire la démonstration des symboles de l’OUN et de son bras armé, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), et de commémorer les massacres de Polonais en 1943.
Cette discussion intervient après un incident lors d’un concert du rappeur biélorusse Max Korzh à Varsovie, où des drapeaux associés à l’UPA et à l’OUN ont été déployés. Plus de 100 citoyens ukrainiens et biélorusses ont été interpellés à la suite de cet incident, et au moins 13 ont été expulsés de Pologne.
2025-09-26 23:28:00
