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La première politique antiterroriste de l’Inde sera bientôt publiée

by Nicolas Lefèvre

Publié le 23 décembre 2025 à 23h06, heure locale. L’Inde s’apprête à dévoiler sa première politique nationale de lutte contre le terrorisme, une stratégie globale destinée à uniformiser les réponses des États face à la menace terroriste et à contrer de nouvelles formes de radicalisation.

  • Le gouvernement indien finalise une politique antiterroriste qui servira de modèle à tous les États.
  • La radicalisation numérique, l’exploitation des frontières poreuses et les réseaux de conversion financés par des acteurs étrangers sont au cœur des préoccupations.
  • Une conférence organisée par la NIA à Delhi les 26 et 27 décembre présentera les grandes lignes de cette nouvelle approche.

Après l’annonce du ministre de l’Intérieur, Amit Shah, en novembre dernier, concernant l’imminente adoption d’une politique et d’une stratégie nationales de lutte contre le terrorisme, les derniers détails sont en cours de finalisation. Selon un haut responsable gouvernemental, cette politique vise à fournir un cadre cohérent pour l’ensemble du pays afin de prévenir et de répondre aux incidents terroristes.

La National Investigation Agency (NIA), agence fédérale chargée des enquêtes sur le terrorisme, a joué un rôle clé dans l’élaboration de ce document. Un responsable de la NIA a confirmé que l’agence a contribué à la rédaction de la politique, qui sera présentée lors d’une conférence antiterroriste à Delhi les 26 et 27 décembre.

Cette initiative intervient dans la foulée de l’attentat terroriste survenu à Pahalgam le 22 avril. Suite à cet événement, la NIA avait organisé des réunions avec les unités antiterroristes de tous les États, les sensibilisant aux mesures à prendre pour prévenir de nouvelles attaques et les encourageant à utiliser le National Intelligence Grid (NATGRID), une plateforme sécurisée permettant l’accès aux bases de données gouvernementales pour les forces de l’ordre.

Ces derniers mois, le directeur général de la NIA, Sadanand Date, et le chef de la Garde nationale de sécurité (NSG), Brighu Srinivasan, ont échangé avec plusieurs responsables de la police d’État sur des sujets tels que les réseaux de conversion financés par des sources étrangères, la radicalisation en ligne et l’usurpation d’identité via la carte Aadhaar (numéro d’identification unique).

Un responsable de la police de l’Uttar Pradesh a souligné que la radicalisation en ligne et l’exploitation de la frontière ouverte avec le Népal figuraient parmi les principales préoccupations susceptibles d’être abordées dans la nouvelle politique. Il a expliqué que des individus liés au réseau terroriste Khalistani étaient entrés au Népal avec des passeports étrangers, les laissant sur place avant de pénétrer en Inde par des points de passage non contrôlés et de se rendre au Pendjab.

L’enquête sur l’attentat à la voiture piégée du 10 novembre près du Fort Rouge à Delhi a révélé que les auteurs s’étaient radicalisés en ligne, a déclaré un responsable de la NIA. Des discussions sont en cours avec les États pour déterminer les meilleures stratégies de lutte contre ce phénomène.

Un autre responsable de la police d’État a mis en évidence l’existence d’une radicalisation organisée financée par des acteurs étrangers. Il a notamment cité un centre religieux basé au Canada, soupçonné d’être lié aux services de renseignement pakistanais (ISI), comme l’un des principaux responsables de la radicalisation des jeunes via les réseaux sociaux. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des forces de police locales pour détecter ces tendances et a souligné le manque de personnel formé à cet effet.

En septembre dernier, des responsables de la NIA, de la NSG, du Bureau du renseignement (IB) et de la police de l’Uttar Pradesh ont tenu une réunion pour discuter de questions cruciales telles que les vulnérabilités transfrontalières, les réseaux de conversion financés par l’étranger, l’usurpation d’identité, le trafic d’armes et de drogues, les liens avec le terrorisme et la radicalisation numérique. La police de l’Uttar Pradesh a publié un communiqué soulignant l’engagement de ces agences à combler les lacunes et à renforcer la sécurité de l’État le plus peuplé de l’Inde.

Il est à noter qu’une politique nationale et un plan d’action contre l’extrémisme de gauche (LWE) avaient déjà été mis en œuvre en 2015.

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