Une réorientation des flux pétroliers vénézuéliens vers les États-Unis menace de bouleverser les marchés mondiaux du fioul lourd, entraînant une flambée des prix en Asie. Cette situation est exacerbée par un durcissement du contrôle américain sur les expéditions pétrolières du Venezuela.
La prime de prix du fioul lourd à haute teneur en soufre (HSFO) en Asie par rapport à l’Occident a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis mai 2025, signe d’une tension croissante sur l’offre. Cette hausse est directement liée à l’anticipation d’une augmentation des livraisons de pétrole vénézuélien vers la côte américaine du Golfe, combinée à une diminution des exportations vers la Chine, principal acheteur du Venezuela.
Selon des données de LSEG citées par Reuters, le différentiel clé, le swap HSFO Est-Ouest de 380 cst du premier mois, a franchi la barre des 27 dollars le baril vendredi. Depuis le début de l’année, cette prime a plus que doublé.
Les États-Unis s’attendent à recevoir entre 30 et 50 millions de barils de pétrole du Venezuela, selon le président Donald Trump, ce qui devrait entraîner une baisse des prix du fioul aux États-Unis. Une offre accrue de brut lourd dans les raffineries américaines devrait ainsi exercer une pression à la baisse sur les prix en Occident.
À l’inverse, les prix du fioul en Asie sont en hausse. La société pétrolière d’État vénézuélienne PDVSA est confrontée à des difficultés pour acheminer ses cargaisons vers l’Asie en raison des sanctions américaines, une situation qualifiée de « quarantaine pétrolière ». Les acheteurs chinois ont d’ailleurs réduit leur demande de pétrole vénézuélien, la décote du brut phare du pays, Merey, passant de 15 dollars le baril le mois dernier à 13 dollars aujourd’hui, selon Bloomberg.
Les raffineurs chinois devront s’adapter à cette nouvelle donne. « La perte de matières premières vénézuéliennes bon marché pèsera sur la rentabilité des raffineurs, les obligeant soit à réduire leurs taux de raffinage, soit à s’approvisionner en matières premières résiduelles alternatives », explique Emril Jamil, analyste pétrolier principal chez LSEG, à Reuters.
À ce stade, PDVSA est incapable d’expédier du pétrole vers l’Asie depuis une semaine, illustrant l’impact direct des sanctions américaines sur les flux pétroliers mondiaux.
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