Publié le 21 novembre 2024 à 05h21. Un nouveau plan de paix proposé par l’administration américaine pour l’Ukraine inclut des concessions territoriales significatives à la Russie, une limitation des forces armées ukrainiennes et l’abandon définitif de toute perspective d’adhésion à l’OTAN, suscitant des réactions mitigées à Kiev et en Europe.
- L’Ukraine devrait reconnaître de facto l’annexion russe de la Crimée et des régions de Donetsk et Louhansk.
- Le plan prévoit une limitation de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes et un renoncement constitutionnel à l’adhésion à l’OTAN.
- En échange, les États-Unis offriraient des « garanties de sécurité fiables » à l’Ukraine et la Russie s’engagerait à ne plus revendiquer de territoires supplémentaires.
L’administration américaine a présenté à l’Ukraine un projet d’accord en 28 points visant à mettre fin à la guerre d’agression russe, selon des informations diffusées par plusieurs médias. Ce plan, présenté par une délégation conduite par Daniel Driscoll, secrétaire d’État au Département américain de la Défense, propose des compromis majeurs qui pourraient s’avérer difficiles à accepter pour Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué être disposé à discuter de la proposition, sans pour autant l’approuver formellement.
Dans un message vidéo, Volodymyr Zelensky a déclaré : « La partie américaine a présenté les points d’un plan pour mettre fin à la guerre – son point de vue. J’ai présenté nos principes. » Il a souligné la nécessité de « travailler sur certains points » et a affirmé être prêt à un dialogue « clair et honnête » avec les États-Unis, l’Europe et le reste du monde. Il a également annoncé son intention de s’entretenir prochainement par téléphone avec Donald Trump.
La proposition américaine a surpris les partisans européens de l’Ukraine, qui souhaitaient participer aux négociations. Le ministre fédéral des Affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, a qualifié ce concept non pas de plan achevé, mais d’une contribution visant à encourager les parties en conflit à s’asseoir à la table des négociations. Il a toutefois reconnu que le plan contenait plusieurs points qui seraient difficilement acceptables, même du point de vue européen.
Selon des informations concordantes provenant du portail d’information américain Axios et d’autres sources, le projet de Washington prévoit la reconnaissance de facto par l’Ukraine de l’annexion russe de la Crimée et des régions de Donetsk et Louhansk. En contrepartie, l’Ukraine devrait renoncer constitutionnellement à adhérer à l’OTAN, limiter la taille de son armée à 600 000 hommes et s’engager à ne pas développer d’armes nucléaires. Bien qu’une adhésion à l’Union européenne soit théoriquement envisageable, elle apparaît peu probable dans un avenir proche compte tenu de la situation actuelle.
En échange de ces concessions, les États-Unis promettent à l’Ukraine des « garanties de sécurité fiables », dont les modalités restent floues. La Russie, pour sa part, devrait renoncer à toute nouvelle revendication territoriale et s’engager par la loi à ne plus recourir à l’agression contre l’Europe et l’Ukraine. Des milliards de dollars de biens publics russes confisqués seraient utilisés pour financer la reconstruction et les investissements en Ukraine, une condition qui pourrait s’avérer difficile à faire accepter à Moscou.
Un groupe de travail américano-russe sur les questions de sécurité serait chargé de veiller au respect des accords. Un « Conseil de paix », présidé par Donald Trump, garantirait la mise en œuvre de l’accord. Une fois toutes les parties d’accord et le retrait militaire achevé, un cessez-le-feu serait déclaré. Des élections en Ukraine devraient également avoir lieu dans les 100 jours suivant la conclusion de l’accord.
Selon la porte-parole du gouvernement américain, Karoline Leavitt, le plan a été élaboré au cours des dernières semaines par le secrétaire d’État Marco Rubio et l’envoyé spécial de Trump, Steve Witkoff, après des discussions avec des représentants de la Russie et de l’Ukraine. Les États-Unis souhaiteraient être « récompensés » pour leurs garanties de sécurité, notamment par des projets économiques dans les secteurs de l’énergie et des terres rares. La Russie, quant à elle, serait réintégrée dans l’économie mondiale et retrouverait sa place au sein du G8.
La chargée d’affaires de l’ambassade américaine à Kiev, Julie Davis, a déclaré au portail d’information Ukrainska Pravda qu’il était important pour les États-Unis que l’accord soit conclu le plus rapidement possible.
Le ministre allemand Johann Wadephul a souligné que la situation était en constante évolution, ajoutant que le secrétaire d’État américain Rubio avait précisé qu’il s’agissait d’une liste de sujets et d’options qui devaient encore être examinés et discutés.
Dans le même temps, le président Vladimir Poutine a visité de manière démonstrative un poste de commandement militaire et a réaffirmé son engagement envers les objectifs de l’« opération militaire spéciale » en Ukraine. Le Kremlin a cité Poutine déclarant : « Nous avons nos tâches communes, nos objectifs. Le plus important est d’atteindre définitivement les objectifs de l’opération militaire spéciale. »
Par ailleurs, au moins cinq personnes ont été tuées dans une frappe aérienne russe sur Zaporizhzhia, dans le sud-est de l’Ukraine, dans la nuit du 20 au 21 novembre. Trois autres personnes ont été blessées. La centrale nucléaire de Zaporizhzhia, occupée par les troupes russes, se trouve également dans cette région. Le plan de paix de Trump prévoit que la centrale nucléaire soit placée sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’électricité produite étant répartie à parts égales entre l’Ukraine et la Russie.
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