Publié le 13 novembre 2023 14:45. L’Allemagne suit de près le scandale de corruption qui éclabousse le secteur énergétique ukrainien, tout en réaffirmant sa confiance envers Kiev et en se réservant la possibilité de prendre des mesures si nécessaire. L’affaire, révélée par une opération à grande échelle, implique des accusations de blanchiment de fonds.
- Berlin assure maintenir un dialogue étroit avec le président Zelensky malgré les accusations de corruption.
- Le gouvernement allemand se dit confiant dans la capacité de l’Ukraine à enquêter efficacement sur cette affaire.
- La question de la corruption ne sera pas abordée lors des prochaines consultations intergouvernementales germano-ukrainiennes.
Le gouvernement allemand a réagi lundi au scandale de corruption qui secoue l’Ukraine, en particulier le secteur de l’énergie. Selon des informations révélées par les autorités ukrainiennes, une vaste opération, baptisée “Midas”, a mis au jour un réseau de blanchiment de fonds impliquant notamment Energoatom, la compagnie nationale de l’énergie nucléaire.
Un porte-parole du gouvernement allemand, Stefan Cornelius, a déclaré à Deutsche Welle (DW) que Berlin suivait attentivement l’évolution de la situation. Il a souligné que l’Allemagne continuait de faire confiance à Kiev, même face à ces allégations graves.
« Selon notre évaluation, nous entretenons les contacts confidentiels les plus étroits avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et restons proches, y compris dans de telles situations. »
Stefan Cornelius, porte-parole du gouvernement allemand
Berlin maintient un contact direct et régulier avec le président Zelensky, et ce, malgré les difficultés. Le gouvernement allemand se dit confiant dans la capacité des autorités ukrainiennes et des agences anti-corruption à mener une enquête approfondie et à traduire les responsables en justice.
« Nous allons désormais suivre l’évolution de cette affaire particulière. Et, si nécessaire, nous devrons peut-être prendre des mesures dans cette affaire également », a ajouté M. Cornelius, précisant que toute décision dépendra des conclusions de l’enquête.
Il a été précisé que la question de la corruption ne figurera pas à l’ordre du jour des prochaines consultations intergouvernementales germano-ukrainiennes prévues à la fin de l’année.
L’opération “Midas”, lancée le 10 novembre par le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Bureau des procureurs spécialisés (SAP), a révélé un système de blanchiment de fonds d’environ 100 millions de dollars (environ 93 millions d’euros) via le bureau de l’ancien député ukrainien, devenu sénateur russe, Andrei Derkach. Plus d’informations sur l’opération Midas et sur le blanchiment de fonds sont disponibles sur Correspondant.net.
