Home SantéLa reclassification de la consommation de vin remodèle l’impact cognitif du régime méditerranéen

La reclassification de la consommation de vin remodèle l’impact cognitif du régime méditerranéen

by Sophie Martin

Publié le 17 novembre 2025 à 23h48. Une nouvelle étude portugaise remet en question l’inclusion systématique du vin dans les scores d’adhésion au régime méditerranéen, suggérant que cette pratique pourrait masquer des liens importants entre l’alimentation et la santé cognitive chez les personnes âgées.

  • Une évaluation inversée de la consommation de vin, considérant une consommation limitée comme moins bénéfique, est associée à de meilleurs résultats aux tests cognitifs.
  • L’étude souligne l’importance d’adapter les outils d’évaluation alimentaire pour la recherche sur le vieillissement et la démence.
  • Les chercheurs ont utilisé plusieurs tests cognitifs et pris en compte divers facteurs de risque pour obtenir des résultats plus précis.

Le régime méditerranéen, reconnu mondialement pour ses bienfaits sur la santé, est traditionnellement associé à une consommation modérée de vin, notamment lors des repas. Cependant, de nouvelles recherches suggèrent que même de faibles quantités d’alcool pourraient avoir des effets neurotoxiques, soulevant des questions sur la pertinence d’inclure le vin comme un élément positif dans l’évaluation de l’adhésion à ce régime.

Face à un vieillissement rapide de la population, en particulier au Portugal, où le taux de dépendance est l’un des plus élevés d’Europe, le déclin cognitif lié à l’âge est devenu une préoccupation majeure de santé publique. Plusieurs études internationales ont déjà mis en évidence un lien entre une meilleure adhésion au régime méditerranéen et un risque réduit de maladies chroniques, ainsi qu’une amélioration des fonctions cognitives chez les personnes âgées. Toutefois, peu de ces études ont été menées au Portugal et beaucoup se basent sur un seul test cognitif, limitant ainsi la portée de leur évaluation.

Pour approfondir cette question, des chercheurs ont analysé les données de 75 adultes portugais âgés de 55 à 85 ans présentant un risque élevé de démence, entre janvier et mai 2023 à Porto. Les participants ont été évalués à l’aide de trois outils validés pour mesurer la fonction cognitive : l’évaluation cognitive de Montréal, l’examen cognitif d’Addenbrooke révisé et le mini-examen de l’état mental. L’étude a comparé deux méthodes de notation du régime méditerranéen, l’une attribuant des points pour une consommation modérée de vin (entre 7 et 14 verres par semaine) et l’autre inversant cette notation, attribuant un point pour une consommation quotidienne inférieure à une portion de vin.

Les résultats ont révélé qu’aucune relation significative n’a été observée entre l’adhésion au régime méditerranéen et les performances cognitives lorsque le vin était considéré comme bénéfique. En revanche, une notation inversée de la consommation de vin a montré une association, bien que modeste, avec de meilleurs scores au mini-examen de l’état mental. Les chercheurs ont également constaté qu’un niveau d’éducation plus élevé, un revenu plus important et le statut de non-fumeur étaient associés à de meilleures performances cognitives. L’âge n’était corrélé qu’avec les scores de l’examen cognitif d’Addenbrooke révisé.

Ces résultats suggèrent que l’inclusion du vin comme un élément positif dans les scores d’adhésion au régime méditerranéen pourrait masquer des relations importantes entre l’alimentation et la cognition. L’étude souligne la nécessité de mener des recherches plus approfondies, avec des échantillons plus importants et des méthodes d’évaluation plus complètes, afin d’affiner les outils d’évaluation alimentaire et de mieux comprendre l’impact du régime méditerranéen sur la santé cognitive des personnes âgées.

Référence du journal :

  • Mesquita, A., de Sousa, D., Padrão, P., Costa, AR, Moreira, P. (2025). Remettre en question la composante vin dans les scores du régime méditerranéen : résultats cognitifs chez les adultes portugais à haut risque de démence. Nutriments 17(22). DOI : 10.3390/nu17223576

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