Winnie l’Ourson fête ses 100 ans cette semaine, ravivant un litige diplomatique de longue date entre le Royaume-Uni et la New York Public Library. La reine Camilla a multiplié les démarches pour obtenir le retour temporaire ou définitif de la peluche originale à Londres, une demande jusqu’ici rejetée par l’institution new-yorkaise.
L’ourson le plus célèbre de la littérature jeunesse célèbre son centenaire cette semaine. Cependant, les festivités sont marquées par une tension diplomatique entre le Royaume-Uni et la bibliothèque publique de New York, où réside la peluche originale depuis des décennies. La reine Camilla, a fait du retour de cet objet iconique une cause personnelle.
Lors d’une visite officielle au printemps, la souveraine a tenté de convaincre les responsables de la bibliothèque d’autoriser un séjour de l’ours et de ses compagnons à Windsor ou au palais de Buckingham. Pour appuyer sa démarche, elle a offert à l’institution un exemplaire historique de Petit Gourou, l’un des personnages de l’univers imaginé par A.A. Milne.
Le voyage transatlantique de l’ourson
L’ourson, haut d’une cinquantaine de centimètres, a été acheté chez Harrods en 1921 pour le premier anniversaire de Christopher Robin Milne, le fils de l’écrivain A.A. Milne. Fabriquée en 1920 par le magasin de jouets Merrythought, la peluche a servi de modèle aux personnages des contes. En 1947, Christopher Milne a confié les jouets à l’éditeur américain de son père pour une tournée promotionnelle, ce qui a mené à leur donation à la New York Public Library.
Pour les autorités new-yorkaises, il ne s’agit pas d’un pillage colonial
, mais d’un voyage qui s’est transformé en une résidence pérenne.
Les précédents diplomatiques entre Londres et New York
Ce bras de fer n’est pas une nouveauté. En 1998, alors que Bill Clinton et Tony Blair dirigeaient respectivement les États-Unis et le Royaume-Uni, la question avait déjà été soulevée. La députée travailliste Gwyneth Dunwoody avait alors invoqué le précédent des marbres du Parthénon pour justifier sa position :
Tout comme les Grecs veulent récupérer les marbres d’Elgin, nous voulons récupérer Winnie l’Ourson et ses merveilleux amis.
À l’époque, la députée avait qualifié les peluches de patrimoine britannique
ayant perdu 70 ans en exil
. La réponse de l’administration américaine, teintée d’humour, avait souligné que le départ de l’ourson serait insupportable — un jeu de mots sur le terme bear
(ours). De son côté, le maire de New York de l’époque, Rudy Giuliani, avait défendu le maintien des peluches en affirmant que l’ourson incarnait le meilleur de l’immigration
.
À ce jour, malgré les tentatives de la diplomatie royale, aucune issue n’a été trouvée. La bibliothèque continue d’accueillir des dizaines de milliers de visiteurs annuels venus admirer les jouets originaux, tandis que le palais de Buckingham maintient qu’une chambre reste prête pour accueillir le centenaire à domicile.