Publié le 28 novembre 2025 à 00:32. Kevin Muscat, l’entraîneur australien, a remporté son cinquième titre de champion, cette fois avec le Shanghai Port, consolidant sa réputation d’un des techniciens les plus performants de sa génération.
- Kevin Muscat a mené le Shanghai Port à son deuxième titre consécutif en Super Ligue chinoise.
- Avec ce sacre, Muscat compte désormais cinq titres de champion dans trois pays différents : Chine, Japon et Australie.
- Malgré les départs de joueurs clés et les blessures, le Shanghai Port a dominé la ligue chinoise en termes de possession de balle et de buts marqués.
Pour la cinquième fois de sa carrière d’entraîneur, Kevin Muscat a soulevé le trophée de champion. L’ancien international australien a mené le Shanghai Port à la victoire dans la Super Ligue chinoise le week-end dernier, après un succès 1-0 sur le terrain de Dalian Yingbo. Ce titre vient s’ajouter à une collection déjà bien garnie.
Avec deux titres en Chine, une couronne de Ligue J1 obtenue avec Yokohama F Marinos, et deux championnats de Ligue A australienne remportés avec Melbourne Victory, ce nouveau titre en 2025 confirme le statut de Kevin Muscat comme l’un des entraîneurs australiens les plus titrés de l’histoire. Peu d’Australiens ont la possibilité de s’expatrier et encore moins de remporter des titres dans des ligues aussi compétitives que celles de Chine et du Japon.
Après avoir mis en place l’une des attaques les plus redoutables de la planète la saison passée, Muscat a dû adapter sa stratégie pour décrocher un nouveau titre en 2025. La victoire face à Dalian Yingbo était impérative, car un faux pas aurait permis à Shanghai Shenhua, le rival local, de s’emparer de la première place. L’équipe a dû faire face à l’absence de plusieurs joueurs clés : les stars brésiliennes Oscar et Matías Vargas ont quitté le club avant le début de la saison, tandis que l’attaquant chinois Wu Lei a été limité à seulement six apparitions et un but en raison de blessures. Ces absences ont représenté une perte de 56 des 96 buts marqués par Shanghai en 2024.
Malgré ces difficultés, le Shanghai Port a terminé la saison en tête de la Super Ligue chinoise avec 72 buts inscrits et a affiché le plus fort taux de possession de balle, devançant Beijing Guoan. Maintenir ce niveau d’excellence est un véritable exploit.
Les célébrations n’ont pas eu le temps de s’éteindre que les spéculations sur l’avenir de Muscat ont déjà commencé. Le football est ainsi fait. Malgré un contrat qui le lie à Shanghai jusqu’à la fin de la saison 2026, et le bonheur affiché de sa famille en Chine, comme il l’a confié au Sydney Morning Herald, l’entraîneur australien est régulièrement associé à des clubs européens. Il dispose d’une situation financière confortable et a encore des objectifs à atteindre, notamment en Ligue des champions asiatique, où Shanghai n’a pas encore brillé sous ses ordres.
Cette attention témoigne de l’engouement du public australien pour ses entraîneurs expatriés, comme l’a montré le parcours d’Ange Postecoglou à Celtic, Tottenham Hotspur et Nottingham Forest. Les Australiens aspirent à voir l’un des leurs réussir au plus haut niveau et prouver sa valeur face aux préjugés.
Muscat, qui a été l’assistant d’Ange Postecoglou à Victory et Yokohama, et qui a reçu le soutien de son mentor, possède une ambition débordante et une volonté constante de se dépasser. Il est donc inévitable qu’il soit attiré par les défis que représentent les grands clubs européens. Après avoir passé près d’une décennie en Grande-Bretagne en tant que joueur, et ayant été proche de prendre les rênes des Rangers – un transfert finalement avorté au profit de Danny Röhl – et des Wolverhampton Wanderers, Muscat semble prêt à saisir la prochaine opportunité.
Son expérience peu fructueuse de six mois à Saint-Trond, en Belgique, en 2020, lui a toutefois appris la dure réalité du football européen et l’importance de choisir soigneusement son prochain club. Aujourd’hui, fort de ses succès en Chine et au Japon, et régulièrement associé à des postes de premier plan en Grande-Bretagne, Muscat a acquis le luxe de pouvoir être sélectif et de privilégier un projet sportif en phase avec sa vision.
Trouver une telle opportunité est cependant plus facile à dire qu’à faire. Muscat devra également surmonter les préjugés liés à son passé de joueur réputé pour son jeu physique et parfois violent, comme le soulignait le Daily Mail. Malgré sa transformation en un entraîneur plus posé et respecté, son image de « tacleur impitoyable » persiste. Seuls les résultats de son équipe sur le terrain permettront de dissiper ces doutes.
Muscat a également été pressenti pour prendre la tête de l’équipe nationale australienne lorsque Graham Arnold a annoncé son départ, mais il a finalement choisi de rester à Shanghai. Le contrat de Tony Popovic, l’actuel sélectionneur, expirera après la Coupe du monde de l’année prochaine, et Muscat sera sans doute le grand favori pour lui succéder, si le poste venait à se libérer.
Quelle que soit sa prochaine décision, Kevin Muscat sera en position de force. Les défis ne manqueront pas, mais il a prouvé qu’il était un entraîneur capable de les relever et de remporter des titres. Et c’est ce qui compte le plus.
