Publié le 8 janvier 2026. Le cancer du col de l’utérus, bien que souvent évitable, demeure un enjeu majeur de santé publique, marqué par de fortes inégalités d’accès à la prévention et aux soins à travers le monde. Chaque année, le mois de janvier est consacré à la sensibilisation à cette maladie, une occasion de rappeler que l’élimination du cancer du col de l’utérus est un objectif atteignable, mais qui nécessite des efforts concertés.
- En 2022, plus de 660 000 femmes ont reçu un diagnostic de cancer du col de l’utérus dans le monde, entraînant environ 350 000 décès.
- Les pays à revenu faible ou intermédiaire sont les plus touchés, avec un risque d’incidence plus de trois fois supérieur et un taux de mortalité presque neuf fois plus élevé que dans les pays à revenu élevé.
- L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une initiative mondiale visant à éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030, en se basant sur des objectifs ambitieux mais réalistes en matière de vaccination, de dépistage et de traitement.
Selon les données du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui fait partie de l’OMS, l’année 2022 a été marquée par un nombre alarmant de nouveaux cas et de décès liés au cancer du col de l’utérus. Plus de 660 000 femmes ont été diagnostiquées et environ 350 000 sont décédées de cette maladie. Ces chiffres, bien que préoccupants, soulignent surtout les faiblesses des systèmes de santé dans leur capacité à atteindre les populations les plus vulnérables en matière de prévention et de dépistage précoce.
Le cancer du col de l’utérus est souvent considéré comme un « baromètre » des inégalités en matière de santé. Les disparités sont frappantes : les femmes vivant dans les pays à revenu intermédiaire présentent un risque d’incidence environ deux fois plus élevé et un taux de mortalité de deux à quatre fois supérieur à celui des femmes des pays à revenu élevé. Dans les pays à faible revenu, le risque d’incidence est plus de trois fois supérieur et le taux de mortalité est presque neuf fois plus élevé.
L’impact de cette maladie ne se limite pas à la santé. Le CIRC estime que le cancer du col de l’utérus a entraîné une perte d’environ 26 milliards de dollars (US) en 2022, due à la perte de productivité et de cotisations sociales résultant des décès prématurés. Une analyse européenne, issue du rapport État de santé dans l’UE 2025, révèle que 2,4 millions d’« années potentielles de vie productive » ont été perdues en 2022 dans l’Union européenne en raison de la mortalité prématurée liée aux maladies non transmissibles, dont le cancer.
L’OMS a lancé en novembre 2020 une initiative mondiale pour éliminer le cancer du col de l’utérus, définissant l’« élimination » comme un problème de santé publique lorsque l’incidence est inférieure à quatre nouveaux cas pour 100 000 femmes par an. Pour atteindre cet objectif d’ici 2030, l’OMS propose une stratégie basée sur trois piliers : les objectifs 90-70-90.
Ces objectifs visent à : vacciner entièrement 90 % des filles contre le virus du papillome humain (VPH) avant l’âge de 15 ans ; dépister 70 % des femmes avec un test à haut débit (par exemple, un test VPH) avant l’âge de 35 ans, puis à nouveau avant 45 ans ; et traiter 90 % des femmes présentant des lésions précancéreuses et assurer une prise en charge adéquate de 90 % des femmes atteintes d’un cancer invasif.
Le CIRC souligne que l’accès limité aux technologies abordables et efficaces est un facteur majeur de la mortalité élevée dans les pays à revenu faible et intermédiaire. L’ablation thermique, une technique simple et peu coûteuse pour traiter les lésions précancéreuses, en est un exemple concret. Une étude menée en Zambie a démontré que l’ablation thermique est aussi efficace et sûre que les méthodes standards. De plus, l’analyse économique du CIRC indique que cette technique est l’option la plus rentable, avec un coût estimé à 13,50 $ (US) par femme traitée.
L’élimination du cancer du col de l’utérus ne repose pas sur de futures découvertes, mais sur l’extension des interventions déjà validées : la vaccination, le dépistage du VPH et le traitement rapide des lésions précancéreuses.
Où en est l’Europe en 2025 : stagnation et régression du dépistage
Paradoxalement, même dans les pays dotés de systèmes de santé performants, la participation au dépistage n’est pas toujours garantie. Le rapport Profils de cancer des pays de l’UE – Rapport de synthèse 2025 révèle que les deux tiers des pays de l’UE+2 ont constaté une baisse de la participation au dépistage du cancer du col de l’utérus.
De nombreux pays restent en deçà des objectifs de couverture du dépistage fixés par l’UE (90 % de la population éligible). Cela souligne l’importance de s’assurer que les programmes de dépistage atteignent réellement les femmes qui en ont besoin.
Le profil OCDE/Commission européenne pour la Roumanie (2025) indique que l’incidence et la mortalité dues au cancer du col de l’utérus sont les plus élevées de l’UE. Concernant la vaccination contre le VPH, les données de 2022 montrent qu’environ 5 % des filles de 11 à 14 ans et 6 % des adolescentes de 15 à 18 ans ont été entièrement vaccinées grâce au programme national gratuit (ces chiffres ne tiennent pas compte des vaccinations privées). À partir de 2023, le vaccin est également proposé gratuitement aux garçons de 11 à 18 ans et est remboursé à 50 % pour les femmes jusqu’à 45 ans. Les données préliminaires de 2024 indiquent une augmentation de la couverture vaccinale chez les filles de 11 à 18 ans, atteignant environ 10 %.
En ce qui concerne le dépistage précoce, la Roumanie manque toujours d’une approche systématique, bien qu’il existe des programmes pilotes et des plans d’expansion financés par l’UE, notamment en vue de mettre en place un test primaire du VPH et de renforcer les indicateurs de qualité.
En résumé, des initiatives et des financements existent, ainsi qu’un cadre européen, mais la clé réside dans une mise en œuvre cohérente, avec une gouvernance solide, une assurance qualité et un accès équitable.
Ce qui peut accélérer les progrès : la prévention « avec des infrastructures », pas seulement des campagnes
La sensibilisation est importante, mais elle ne suffit pas. L’élimination du cancer du col de l’utérus nécessite une combinaison de politiques, de services et de mécanismes qui rendent les choix sains faciles et accessibles.
Le rapport État de santé dans l’UE 2025 souligne le rôle de la prévention et de la transformation des soins primaires en tant que fondement du système, notamment dans un contexte de pressions sur les ressources humaines. La numérisation est également présentée comme un accélérateur potentiel : fin 2024, tous les États de l’UE avaient mis en place des services d’accès au dossier médical électronique, et dans la plupart des pays, au moins 80 % de la population y avait accès. Pour la prévention du cancer du col de l’utérus, cela peut se traduire par des invitations automatiques au dépistage, des registres fonctionnels, un suivi des cas positifs, des rappels pour les tests de suivi et un contrôle de la qualité.
Une checklist simple pour janvier (et pour le reste de l’année)
Pour les parents et les adolescents :
Pour les femmes :
- Vérifiez la date de votre dernier test Babeș-Pap / test HPV et suivez les recommandations en fonction de votre âge. Si vous recevez une invitation au dépistage, considérez-la comme un rendez-vous important.
Pour les professionnels et les décideurs :
- Investissez dans des programmes de dépistage à l’échelle de la population, dotés de registres, d’indicateurs de qualité et de voies claires vers des résultats positifs.
- Réduisez les obstacles logistiques (temps, distance, calendrier) et améliorez l’accès pour les groupes vulnérables.
- Accélérez les interventions qui « bouclent la boucle » (dépistage → diagnostic → traitement précancéreux), notamment grâce à des technologies rentables, telles que l’ablation thermique.
Le cancer du col de l’utérus est l’une des rares formes de cancer pour lesquelles nous disposons déjà d’un « manuel » pour l’élimination : la vaccination, le dépistage efficace et le traitement rapide. Le défi de 2026 est de transformer ces trois actions en un système qui fonctionne pour toutes les femmes, et pas seulement pour celles qui ont déjà accès à l’information et au temps.
Pendant le mois de sensibilisation au cancer du col de l’utérus, il est important de se référer à des informations correctes et vérifiées : sur Raportuldegarda.ro, vous trouverez des ressources sur le VPH, la vaccination, le dépistage et la prévention, expliquées de manière claire et avec des sources crédibles. Si vous avez des questions sur le VPH, l’importance de la vaccination (pour les filles et les garçons), le moment et la manière de vous faire dépister, et les mesures de prévention tout au long de la vie, je vous encourage à consulter ces ressources et à les partager.
