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La situation économique du Venezuela accroît la pression sur Maduro

Publié le 2025-11-09 14:03:00. Le Venezuela est confronté à une crise économique de plus en plus aiguë, marquée par une dévaluation massive du bolivar et une inflation galopante, exacerbant le mécontentement populaire et fragilisant le régime de Nicolás…

La situation économique du Venezuela accroît la pression sur Maduro

Publié le 2025-11-09 14:03:00. Le Venezuela est confronté à une crise économique de plus en plus aiguë, marquée par une dévaluation massive du bolivar et une inflation galopante, exacerbant le mécontentement populaire et fragilisant le régime de Nicolás Maduro. Cette situation intervient dans un contexte de tensions militaires croissantes dans la région.

  • Le bolivar vénézuélien a subi une dévaluation de plus de 400 % l’année dernière, atteignant 231 bolivars pour un dollar.
  • L’inflation annuelle est projetée à 270 % pour 2025 par le Fonds monétaire international (FMI), et pourrait dépasser les 680 % l’année prochaine.
  • Le gouvernement Maduro est accusé de réprimer l’information économique et d’arrêter des économistes et des journalistes qui dénoncent la situation.

La crise économique au Venezuela, qui menace désormais autant que la présence militaire américaine accrue dans les Caraïbes, a réduit le pouvoir d’achat des Vénézuéliens à un niveau alarmant. Le salaire minimum, fixé à 130 bolivars depuis mars 2022, équivaut désormais à environ 60 cents américains par mois. Même les pensions de retraite de l’État, d’un montant de 50 dollars, sont complétées par ces maigres 60 cents.

« Comment est-il possible de vivre ainsi ? », s’interroge un retraité de Caracas, cité par le Financial Times. Les Vénézuéliens se souviennent avec amertume de l’hyperinflation des années 1990, puis de celle qui a sévi entre 2016 et 2019, ayant poussé des millions de personnes à l’exil. José Guerra, professeur d’économie à l’Université centrale du Venezuela (UCV), estime que le pays semble entrer dans un nouveau cycle hyperinflationniste, même si la définition précise de ce phénomène reste débattue.

Les prévisions du FMI sont particulièrement inquiétantes : l’inflation annuelle pourrait dépasser 680 % en 2026. Face à cette situation, la Banque centrale du Venezuela a cessé de publier les chiffres officiels de l’inflation, entravant ainsi toute transparence.

Intervention politique et répression

Selon le Financial Times, le gouvernement Maduro avait réussi à freiner la précédente flambée inflationniste en assouplissant les contrôles des prix et en tolérant de facto l’utilisation du dollar américain. Cependant, à l’approche des élections de 2024, la Banque centrale est intervenue massivement sur le marché des changes, dépensant des milliards de dollars de ses réserves pour soutenir le bolivar.

Après des élections largement considérées comme frauduleuses, au cours desquelles le candidat de l’opposition, Edmundo González, aurait obtenu plus de 80 % des voix selon les décomptes officieux, le gouvernement Maduro a réduit ses interventions sur le taux de change, accélérant ainsi la dévaluation. Parallèlement, des économistes indépendants, des analystes du marché noir des taux de change et des figures de l’opposition ont été arrêtés pour avoir dénoncé la situation économique désastreuse.

Mécontentement des citoyens

Alors que la crise interne s’aggrave, les tensions militaires avec les États-Unis persistent. Un important déploiement naval américain dans la région, le plus important depuis trois décennies, a inclus 17 opérations au cours desquelles au moins 69 personnes ont péri dans le naufrage de navires soupçonnés de trafic de drogue. L’USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions de la marine américaine, se dirige vers la zone, et les sénateurs républicains ont bloqué une mesure visant à interdire toute action militaire, laissant la porte ouverte à des frappes au sol.

Maduro dénonce ce déploiement comme une tentative de le renverser et de « voler notre immense richesse pétrolière », un discours alimenté par les sanctions imposées aux compagnies pétrolières américaines (bien que Chevron ait obtenu une licence avec des restrictions de paiement).

Mais le facteur le plus préoccupant pour le gouvernement pourrait être le mécontentement croissant de la population. Un récent sondage révèle que seulement 20 % des Vénézuéliens attribuent la crise aux sanctions, contre 33 % en septembre. La frustration est telle que certains citoyens expriment un sentiment de désespoir : « Si les *gringos* doivent intervenir, qu’ils le fassent maintenant », a déclaré un habitant d’un marché de Caracas.

Article original publié dans le Financial Times

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.