Home Santéla socialisation « réveille » les neurones et restaure la mémoire

la socialisation « réveille » les neurones et restaure la mémoire

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des chercheurs français ont mis en évidence un lien direct entre le bon fonctionnement de certains neurones du cerveau et l’amélioration de la mémoire, ouvrant la voie à de nouvelles approches thérapeutiques pour des maladies comme Alzheimer.

  • L’équipe de Laure Verret a démontré qu’en agissant sur des neurones spécifiques de l’hippocampe, il est possible d’améliorer les capacités mnésiques, même sans recourir à des médicaments.
  • L’étude s’est concentrée sur les neurones à parvalbumine (PV), des « maîtres » du cerveau qui régulent l’activité neuronale.
  • Les résultats suggèrent que la restauration de la fonction normale de ces neurones, notamment grâce aux réseaux périneuronaux qui les protègent, pourrait être une stratégie prometteuse pour lutter contre les troubles de la mémoire.

L’amélioration de la mémoire a été observée chez des souris après une manipulation ciblée de l’hippocampe, une zone du cerveau cruciale pour la formation et la consolidation des souvenirs. Les scientifiques ont injecté une molécule empêchant la formation de réseaux périneuronaux – des structures moléculaires protégeant les connexions neuronales – dans une petite zone de l’hippocampe. Ils ont constaté que la mémoire s’améliorait dans les zones non affectées par la molécule.

« Pour nous, il a été démontré qu’il existe une relation causale entre la modification des neurones et l’amélioration du comportement », explique Laure Verret, chercheuse impliquée dans l’étude. Les neurones à parvalbumine (PV) sont des inhibiteurs, c’est-à-dire qu’ils contrôlent l’activité des autres neurones. Leur rôle est essentiel au bon fonctionnement cérébral :

« Ils sont extrêmement importants, au point qu’on les appelle les ‘maîtres’ du cerveau. Ce sont eux qui décident quand les autres neurones doivent être activés ou non. S’ils échouent, comme c’est le cas dans la maladie d’Alzheimer, ils déséquilibreront toute l’activité cérébrale. »

Laure Verret, scientifique

La bonne santé des neurones PV dépend également des réseaux périneuronaux, qui agissent comme un réseau protecteur des connexions neuronales. En rétablissant leur fonction normale, les chercheurs espèrent pouvoir améliorer la mémoire et potentiellement ralentir la progression de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, où ces neurones sont souvent dysfonctionnels.

L’équipe de recherche continue d’explorer les mécanismes précis impliqués dans cette relation entre les neurones PV, les réseaux périneuronaux et la mémoire, afin de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées.

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