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La Suisse mène des négociations avec la France, Israël et la Corée du Sud pour se procurer un

Le gouvernement suisse a annoncé mercredi avoir entamé des négociations avec des fabricants français, israéliens et sud-coréens pour l'acquisition d'un second système de défense aérienne. Cette décision fait suite aux retards de livraison des missiles Patriot américains, initialement…

Les retards américains et le coût du système Patriot

Le gouvernement suisse a annoncé mercredi avoir entamé des négociations avec des fabricants français, israéliens et sud-coréens pour l’acquisition d’un second système de défense aérienne. Cette décision fait suite aux retards de livraison des missiles Patriot américains, initialement prévus entre 2026 et 2028, afin de réduire la dépendance stratégique envers un fournisseur unique.

La Suisse cherche à combler un vide sécuritaire. Alors que le pays attend ses systèmes Patriot fabriqués par Raytheon et Lockheed Martin, le calendrier de livraison a glissé de quatre à cinq ans. Ce retard est directement lié à la guerre en Ukraine et à la nécessité pour les États-Unis de reconstituer leurs propres stocks après une consommation importante de missiles lors du conflit avec l’Iran, selon Air&Cosmos.

L’incertitude persiste sur les dates exactes. Le ministère suisse de la Défense a toutefois indiqué avoir repris les paiements vers les États-Unis, lesquels avaient été temporairement suspendus. Les livraisons pourraient désormais débuter à partir de 2027.

Une divergence apparaît toutefois dans les chronologies rapportées : Boursorama mentionne une commande de Patriot passée en 2022, tandis qu’Air&Cosmos situe cet achat en 2021.

Les retards américains et le coût du système Patriot

L’investissement initial pour le système Patriot est estimé à environ 2 milliards de francs (soit 2,5 milliards de dollars). Mais cette première commande ne suffira plus. Le ministre suisse de la Défense, Martin Pfister, a précisé que l’acquisition d’un second système serait probablement nettement plus coûteuse que le prix initial des Patriot.

Les retards américains et le coût du système Patriot
Photo: Radio LFM

L’objectif est double. D’abord, garantir une protection immédiate si la commande américaine ne se concrétisait pas. Ensuite, répondre à une « détérioration de la situation sécuritaire » qui impose à ce pays neutre de pouvoir se défendre contre une attaque dans les plus brefs délais.

Cette méfiance envers les promesses de livraison américaines n’est pas isolée. Elle fait écho à une décision précédente de Berne de réduire sa commande d’avions F-35, passant de 36 à 30 appareils en raison de surcoûts.

La France, la Corée du Sud et Israël en lice

Pour diversifier sa chaîne d’approvisionnement et limiter sa dépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur, la Suisse a ouvert des discussions contractuelles avec trois partenaires potentiels. En France, les discussions portent notamment sur la coentreprise Eurosam, regroupant Thales et MBDA, fabricant du système SAMP/T NG.

La France, la Corée du Sud et Israël en lice
Photo: Air&Cosmos

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L’offre israélienne est également examinée, bien que le directeur national de l’armement, Urs Loher, ait explicitement déclaré lors d’une conférence de presse qu’il ne s’agirait pas du système de défense Arrow.

La Corée du Sud complète ce trio de négociations. En diversifiant ses sources, Berne espère renforcer sa sécurité d’approvisionnement face aux aléas géopolitiques qui paralysent actuellement les flux de matériels militaires vers l’Europe.

La restructuration de H55 et le pivot vers la défense

Parallèlement aux décisions gouvernementales, le secteur industriel aéronautique suisse s’adapte. La start-up H55, spécialisée dans la propulsion électrique pour l’aviation durable et issue du projet Solar Impulse, a annoncé un changement stratégique majeur pour se repositionner sur le marché de la défense.

États-Unis/Iran : que retenir des négociations en Suisse ? • FRANCE 24

Ce pivot s’accompagne d’une restructuration sociale douloureuse. Selon Radio LFM, l’entreprise a supprimé 54 postes sur un effectif de 110. Ce chiffre est inférieur aux 80 suppressions initialement prévues, grâce à des propositions constructives formulées par les collaborateurs.

La restructuration de H55 et le pivot vers la défense
Photo: Boursorama
H55, via communiqué

H55 prévoit désormais d’étendre ses technologies aux drones et à l’aviation hybride. L’entreprise réorganise ses activités sur deux sites à Sion : l’aéroport pour la direction et la certification, et le site de Chandoline pour la recherche, le développement et la fabrication.

« Les décisions annoncées aujourd’hui sont difficiles, car elles concernent des collègues qui ont largement contribué à faire de H55 un acteur reconnu de l’aviation électrique (…

André Borschberg, cofondateur et président exécutif de H55

Pour soutenir sa croissance industrielle et se rapprocher des clients nord-américains, H55 renforcera progressivement sa présence au Canada, tout en maintenant la Suisse comme centre d’innovation et de leadership stratégique.

Un tournant pour la souveraineté helvétique

La stratégie actuelle de la Suisse marque une rupture avec une confiance aveugle dans les contrats de défense américains. En cherchant un second système sol-air, Berne admet que la priorité des États-Unis — d’abord ses propres stocks et ses alliés directs comme l’Ukraine — peut fragiliser la sécurité d’un pays neutre.

L’enjeu des prochains mois sera de déterminer si les offres françaises, sud-coréennes ou israéliennes peuvent être déployées plus rapidement que le système Patriot. Si le coût sera plus élevé, le gain réside dans la résilience : ne plus dépendre d’une seule chaîne logistique pour la protection du ciel suisse.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.