La Sûreté du Québec a confirmé le 4 novembre 2026 que le baril militaire découvert sur l’île aux Canards, près de Montmagny, est inoffensif. Un laboratoire fédéral spécialisé a conclu que le liquide retrouvé dans cet objet ne présente aucune menace pour la sécurité publique, mettant fin à l’opération policière lancée le 27 octobre.
Le baril de 1942 et le Projet N
L’objet, trouvé il y a environ deux ans par des propriétaires locaux sur cette île privée du fleuve Saint-Laurent, portait les mentions « US Army » et une date de fabrication : 1942. Ces marquages ont rappelé le « Projet N », une opération ultrasecrète menée durant la Seconde Guerre mondiale par les autorités canadiennes, britanniques et américaines.
La Grosse Île, voisine de l’île aux Canards, a abrité la production de spores d’anthrax entre 1942 et 1944. Les journalistes Vincent Frigon et Yves Bernard, auteurs d’un ouvrage sur le sujet, ont documenté des fuites survenues au sein de ces installations. Ils ont aussi répertorié des défaillances techniques majeures avant la fin des hostilités.

L’analyse des risques biologiques
La Sûreté du Québec a bouclé le secteur sous haute surveillance le 27 octobre. Le baril a été placé sous scellés en raison des soupçons entourant d’éventuels agents chimiques ou biologiques.
L’objet a été acheminé à la base militaire de Suffield, en Alberta. Ce centre est spécialisé dans l’étude des menaces radiologiques, biologiques et chimiques.
La Sûreté du Québec coordonne désormais la disposition finale du contenant avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Protection de la biodiversité, de la Faune et des Parcs. La Gendarmerie royale du Canada et les Forces armées canadiennes ont refusé de commenter le dossier.
Les recherches dans le Saint-Laurent
Les recherches de Vincent Frigon font état de témoignages suggérant que d’importantes quantités d’anthrax auraient été évacuées dans le Saint-Laurent à la fin du conflit. Des citoyens avaient déjà signalé un objet flottant aux caractéristiques similaires en mars 2026.

Les autorités maintiennent une consigne stricte : en cas de découverte d’un objet suspect, il est interdit de le déplacer ou de l’ouvrir. Il faut noter sa position exacte et contacter immédiatement le 911.