Publié le 6 novembre 2025 19:39:00. La crise diplomatique entre le Pérou et le Mexique s’intensifie avec la déclaration de Claudia Sheinbaum, présidente mexicaine, comme persona non grata par le Congrès péruvien, suite à l’asile accordé à l’ancienne Première ministre péruvienne Betssy Chávez.
- Le Congrès péruvien a déclaré Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, persona non grata.
- Cette décision fait suite à l’octroi d’asile à Betssy Chávez, poursuivie au Pérou.
- Le Pérou accuse la présidente Sheinbaum d’ingérence dans ses affaires intérieures et de soutien à l’ancien président Pedro Castillo.
La tension entre Lima et Mexico atteint un nouveau paroxysme. Après la rupture des relations diplomatiques, le Congrès péruvien a franchi une étape supplémentaire en votant, par 63 voix, la déclaration de Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique, comme persona non grata. Cette décision intervient dans un contexte de vives tensions liées à l’affaire Betssy Chávez, ancienne Première ministre péruvienne, qui a trouvé refuge à l’ambassade mexicaine à Lima.
Betssy Chávez est actuellement recherchée par la justice péruvienne pour sa participation présumée à une tentative de coup d’État visant à renverser l’ancien président Pedro Castillo. L’asile qui lui a été accordé par le Mexique a été perçu par les autorités péruviennes comme une ingérence inacceptable dans leurs affaires intérieures.
Selon la Commission des Relations Extérieures du Congrès péruvien, la présidente Sheinbaum aurait non seulement manqué de condamner les actions de Pedro Castillo, mais aurait également plaidé pour sa libération.
« Il est clairement établi qu’il y avait une ingérence dans les paroles et les déclarations de Sheinbaum, qui « discréditent la nation péruvienne » »
Fujimori Fernando Rospigliosi, président du Congrès péruvien
Cette décision n’est pas nouvelle. Un premier avis déclarant Sheinbaum persona non grata avait déjà été approuvé le 8 octobre par la Commission des relations extérieures du Parlement péruvien, après que la présidente mexicaine ait reçu l’avocat argentin Guido Croxatto, défenseur international de Pedro Castillo, et exprimé son soutien à sa libération. Cependant, ce premier avis n’avait pas été soumis au vote en séance plénière, en raison du limogeage de la présidente Dina Boluarte et de sa succession par José Jerí, président du Congrès.
Le ministère péruvien des Affaires étrangères examine actuellement la possibilité d’accorder un sauf-conduit à Betssy Chávez afin qu’elle puisse quitter le pays.
Pedro Castillo, quant à lui, reste incarcéré au Pérou, où il est poursuivi pour rébellion, abus de pouvoir et troubles à l’ordre public.
Pour plus d’informations sur la situation politique au Pérou, vous pouvez consulter El País.