Publié le 26 octobre 2023 14h35. Les affrontements entre la Thaïlande et le Cambodge se sont intensifiés vendredi avec de nouvelles frappes aériennes thaïlandaises, malgré des négociations en cours pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu et mettre fin à un conflit frontalier qui a déjà fait des dizaines de morts et déplacé près d’un million de personnes.
- La Thaïlande a mené des frappes aériennes sur une position militaire cambodgienne dans la province de Banteay Meanchey, après le départ des civils de la zone.
- Le Cambodge accuse la Thaïlande d’attaques indiscriminées ciblant des zones civiles, tandis que la Thaïlande affirme avoir visé avec succès un village contesté.
- Des négociations sont en cours, avec l’espoir d’un accord de cessez-le-feu imminent, mais les combats se sont étendus à presque toute la longueur de la frontière.
Les tensions entre Bangkok et Phnom Penh, qui remontent à plus d’un siècle, ont connu une escalade significative en mai suite à la mort d’un soldat cambodgien. La situation s’est dramatiquement détériorée le 24 juillet après des tirs de roquettes cambodgiens sur le territoire thaïlandais, suivis de ripostes aériennes thaïlandaises. Ces événements ont déclenché cinq jours de combats intenses, faisant de nombreuses victimes parmi les militaires et les civils.
Selon le ministère cambodgien de la Défense, les frappes de vendredi, menées par des avions de combat F-16, ont visé la province de Banteay Meanchey, au nord-ouest du pays, avec jusqu’à 40 bombes larguées. La Thaïlande, de son côté, a déclaré que l’opération avait pour objectif de prendre le contrôle du village de Nong Chan et qu’elle avait été « menée de manière efficace et réussie ».
Les négociations entre les deux pays, qui en sont à leur troisième journée, se déroulent à un poste de contrôle frontalier. Les ministres de la Défense des deux pays doivent se joindre aux discussions samedi. Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul s’est exprimé avec optimisme, estimant qu’un accord de cessez-le-feu pourrait être signé une fois que les conditions respectives des deux parties seraient acceptées.
« J’espère que cette fois-ci sera la dernière que nous devrons signer, afin que la paix puisse s’instaurer dans la région et que les gens puissent rentrer chez eux. »
Anutin Charnvirakul, Premier ministre thaïlandais
Les États-Unis et la Chine ont également exprimé leur volonté de faciliter un nouveau cessez-le-feu. Le conflit frontalier, bien que sporadique, a marqué l’histoire des relations entre la Thaïlande et le Cambodge, avec des incidents et des pertes humaines des deux côtés au fil des décennies. Depuis la reprise des hostilités au début du mois, au moins 41 personnes ont été tuées et près d’un million de personnes ont été contraintes de quitter leurs foyers, aggravant une crise humanitaire déjà préoccupante.
Les deux pays continuent de s’accuser mutuellement d’avoir rompu la trêve initiale conclue en juillet. Les combats se sont étendus à presque toutes les provinces le long de la frontière, qui s’étend sur 800 kilomètres.