Home SantéLa tumeur, la bactérie qui peut vaincre la maladie : la dernière frontière

La tumeur, la bactérie qui peut vaincre la maladie : la dernière frontière

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Des chercheurs ont identifié une molécule produite par des bactéries intestinales qui pourrait freiner la progression du cancer du côlon et renforcer l’efficacité de la chimiothérapie, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés.

  • Une molécule, le 2-méthylisocitrate (2-MiCit), produite par certaines bactéries présentes dans les tumeurs colorectales, ralentit la croissance tumorale.
  • Cette découverte, issue d’une collaboration internationale, a été réalisée grâce à un système de dépistage innovant utilisant des nématodes.
  • Le 2-MiCit agit en bloquant une enzyme essentielle dans les cellules cancéreuses, les rendant plus sensibles à la chimiothérapie.

Une avancée prometteuse vient d’être publiée dans la revue Systèmes cellulaires : une équipe de scientifiques a mis en évidence le rôle potentiel du 2-méthylisocitrate (2-MiCit) dans la lutte contre le cancer du côlon. Cette molécule, produite par des bactéries spécifiques présentes au sein des tumeurs, pourrait non seulement ralentir la croissance des cellules cancéreuses, mais aussi améliorer l’efficacité des traitements de chimiothérapie.

Cette découverte est le fruit d’une collaboration internationale menée par des chercheurs du Laboratoire des sciences médicales MRC de l’Imperial College de Londres et de l’Université de Cologne. Leur travail a permis d’identifier le 2-MiCit comme un composé doté de propriétés antitumorales significatives, agissant sur différents types de cellules cancéreuses.

L’identification de cette molécule a été rendue possible grâce à une approche de dépistage à grande échelle, particulièrement innovante. Les chercheurs ont utilisé C. elegans, un minuscule ver nématode fréquemment utilisé en biologie pour étudier les processus fondamentaux de la vie. En analysant des milliers de conditions expérimentales, ils ont constaté que certaines espèces bactériennes, dont Escherichia coli, sont capables de produire du 2-MiCit dans les environnements tumoraux, et que cette production renforce l’action du 5-fluorouracile (5-FU), un médicament de chimiothérapie couramment utilisé.

Le 2-méthylisocitrate est un acide carboxylique qui interfère avec le métabolisme des cellules tumorales, les rendant plus vulnérables aux traitements. Des tests in vitro, réalisés sur des cellules humaines, et in vivo, sur des modèles animaux de cancer colorectal (notamment chez la drosophile), ont confirmé le potentiel thérapeutique de cette molécule.

« Nous avons observé que 2-MiCit réduit considérablement le nombre de foyers tumoraux diffusés et augmenté la survie des animaux »,

Auteurs de l’étude

Les chercheurs ont également démontré que le 2-MiCit agit en bloquant une enzyme mitochondriale clé présente dans les cellules cancéreuses. Ce blocage provoque des dommages à l’ADN et déclenche une cascade de mécanismes qui limitent la prolifération tumorale. L’effet combiné du 2-MiCit et de la chimiothérapie s’est avéré particulièrement puissant.

« La combinaison s’est avérée significativement plus efficace pour tuer les cellules cancéreuses par rapport aux deux composés individuellement »,

Chercheurs

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de thérapies plus ciblées et plus durables contre le cancer du côlon, et pourrait marquer une étape importante dans la médecine de précision.

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