Publié le 30 septembre 2025 14h59. La vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) sera étendue en Roumanie aux jeunes adultes de 19 à 26 ans à partir du 1er octobre 2025, une mesure qui pourrait protéger jusqu’à 1,5 million de personnes contre les cancers liés à ce virus.
- La Société roumaine de gynécologie et d’obstétrique (SOGR) salue cette extension de la vaccination gratuite.
- Le VPH est responsable de nombreux cancers, notamment du col de l’utérus, mais aussi de l’anus, du pénis et de l’oropharynx.
- La Roumanie affiche des taux de mortalité liés au cancer du col de l’utérus parmi les plus élevés d’Europe.
L’extension de la vaccination anti-VPH aux jeunes adultes constitue une avancée majeure en matière de santé publique en Roumanie. Cette décision, qui prendra effet le 1er octobre 2025, permettra de proposer une protection accrue contre les infections à VPH et, par conséquent, de réduire l’incidence des cancers associés. Selon les estimations, près de 1,5 million de jeunes bénéficieront de cette mesure.
La présidente de la SOGR, le Dr. Elvira Brătilă, a souligné l’importance de cette initiative :
« L’extension de la vaccination anti-HPV aux jeunes de 19 à 26 ans est une décision de santé publique qui peut modifier les statistiques sur l’incidence des cancers causés par une infection persistante au VPH en Roumanie. Le vaccin offre une réelle protection contre les infections sous-jacentes à de nombreux cas de cancer du col de l’utérus, de la vulve, du vagin, du pénis, de l’anus et de l’oropharynx. Nous devons transformer cette opportunité législative en actions concrètes : information claire, accès aux vaccins et soutien aux personnes vulnérables. »
Le Dr. Brătilă a également insisté sur le rôle crucial des professionnels de santé :
« Il est nécessaire que les médecins généralistes, les gynécologues, les infectiologues et les services universitaires proposent la vaccination anti-HPV à chaque jeune éligible, afin d’accroître l’accès et la couverture vaccinale. La SOGR restera active dans l’éducation, la formation et le soutien de la mise en œuvre au niveau national. »
L’efficacité de la vaccination contre le VPH a été démontrée tant chez les adolescents que chez les jeunes adultes. « Une infection par le VPH peut survenir à tout âge, et les conséquences d’une infection persistante peuvent inclure des cancers et d’autres affections graves. La vaccination offre une protection importante contre ces risques, réduisant considérablement la probabilité de maladies causées par le VPH. Même chez les personnes ayant déjà eu des rapports sexuels, l’immunisation reste efficace, contribuant à la prévention de nouvelles infections », a précisé le Dr. Brătilă.
Une étude menée en 2024 par U-Report Roumanie auprès de plusieurs centaines de jeunes de 15 à 24 ans a révélé que, bien que la plupart d’entre eux soient conscients de l’existence du VPH et du vaccin (60 % des répondants), l’accessibilité et l’information restent des obstacles majeurs. La moitié des jeunes interrogés se déclarent prêts à se faire vacciner s’ils reçoivent les informations et le soutien nécessaires.
Les avantages de la vaccination chez les jeunes adultes :
- La protection est maintenue même chez les personnes ayant déjà eu des rapports sexuels.
- Même en cas d’exposition antérieure à certains types de VPH, la vaccination peut prévenir les infections par d’autres types inclus dans le vaccin et réduire le risque d’infection ou de progression des infections existantes.
- La vaccination avant ou pendant la période d’activité sexuelle limite la transmission du virus dans la communauté et offre une protection indirecte (effet de troupeau) aux partenaires.
- La prévention primaire par vaccination est plus efficace, plus sûre et plus rentable que le traitement des lésions précancéreuses ou du cancer.
La couverture vaccinale en Roumanie reste cependant perfectible. Selon un rapport de l’Institut national de santé publique (INSP) pour la période 2020-2024, la couverture vaccinale moyenne des femmes éligibles (nées entre 2003 et 2013) est de seulement 12,5 %. Des disparités importantes existent entre les comtés, Bucarest, Cluj et Ilfov affichant les taux les plus élevés (28,5 % à Bucarest), tandis que de nombreux autres comtés sont en dessous de la moyenne nationale.
Entre 2020 et 2024, 224 260 personnes ont reçu au moins une dose de vaccin contre le VPH. L’introduction d’une rémunération pour la vaccination à partir du 1er décembre 2023 a accéléré le programme, avec 95 104 nouvelles vaccinations initiées après cette date. Ces chiffres témoignent de l’impact positif des récentes politiques, mais soulignent également la nécessité de campagnes ciblées et d’un accès équitable dans tous les comtés.
Le VPH est une famille de virus très courants, avec plus de 200 types identifiés. Environ 40 de ces types infectent la zone génitale et sont transmis par contact sexuel, y compris le contact peau à peau. La plupart des infections au VPH sont asymptomatiques et disparaissent d’elles-mêmes en un à deux ans. Cependant, certains types à haut risque (16, 18, 31, 33, 45, 52, 58) peuvent persister et entraîner des changements cellulaires précancéreux, puis le cancer.
Les cancers liés au VPH comprennent :
- Cancer du col de l’utérus (99 % des cas sont causés par le VPH) – le plus fréquent
- Cancer de la vulve (environ 70 % des cas sont causés par le VPH)
- Cancer du vagin (environ 75 % des cas sont causés par le VPH)
- Cancer anal (environ 95 % des cas sont causés par le VPH) – chez les hommes et les femmes
- Cancer du pénis (environ 60 % des cas sont causés par le VPH)
- Cancers oropharyngés (cou, base de la langue, amygdales) – environ 70 % des cas sont causés par le VPH
L’infection par le VPH est l’infection virale sexuellement transmissible la plus courante. Environ 80 % des hommes et des femmes seront infectés par le VPH au cours de leur vie, et le risque d’infection persistante augmente avec l’âge. La Roumanie affiche le taux de mortalité prématurée le plus élevé lié au cancer du col de l’utérus en Europe, avec une incidence 2,5 fois supérieure et un taux de mortalité plus de 4 fois supérieur à la moyenne de l’UE. Chaque année, près de 3400 femmes roumaines sont diagnostiquées atteintes d’un cancer du col de l’utérus, et 1805 en décèdent.
La stratégie mondiale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éliminer le cancer du col de l’utérus fixe trois objectifs clés : vacciner 90 % des filles avant l’âge de 15 ans, dépister 70 % des femmes jusqu’à 35 ans et encore à 45 ans, et assurer un traitement approprié à 90 % des femmes diagnostiquées. L’extension du programme de vaccination anti-VPH à la tranche d’âge 19-26 ans représente une étape importante pour que la Roumanie atteigne ces objectifs.
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