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by Sophie Martin

Publié le 7 décembre 2023 à 19h52. La Ligue, partenaire de la coalition gouvernementale italienne, se prépare à un référendum sur la justice tout en affichant des divergences avec l’exécutif sur l’aide militaire à l’Ukraine et la politique européenne.

  • La Ligue prévoit de faire campagne activement pour le “oui” au référendum sur la justice, estimant qu’il s’agit d’une victoire pour les Italiens.
  • Le parti exprime une forte opposition à l’envoi d’armes à l’Ukraine, soulignant les conséquences négatives des sanctions sur les entreprises italiennes et européennes.
  • La Ligue rejette catégoriquement l’utilisation du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour financer l’Ukraine et propose plutôt de le vendre pour réduire les impôts.

Matteo Salvini, leader de la Ligue, a affirmé que son parti soutient déjà activement le référendum sur la justice : « Toutes nos sections deviendront des comités du Oui. Quant au gouvernement, il ne prend pas de risques : nous continuerons jusqu’au bout, et la victoire du Oui sera une victoire pour les Italiens : politique et courants hors des tribunaux ». Il a également réaffirmé l’engagement de la Ligue envers la majorité gouvernementale, tout en soulignant la nécessité d’une réflexion après l’envoi de nombreux colis d’armes et l’imposition de sanctions.

Concernant l’Ukraine, la Ligue maintient sa position prudente. « La Ligue appelle depuis longtemps à la prudence concernant les armes et la poursuite de la guerre, espérant que les paroles du pape seront entendues et que le plan de Trump sera efficace, comme au Moyen-Orient », a déclaré M. Salvini. Il a critiqué l’impact des sanctions, qui, selon lui, ont nui aux entreprises italiennes et européennes, et a exprimé son inquiétude face à la corruption en Ukraine.

Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a évoqué la possibilité d’utiliser le MES pour financer l’Ukraine, une proposition immédiatement rejetée par la Ligue. « Jamais », a répondu M. Salvini, ajoutant que même les porte-parole du MES ont exclu cette option. Il a plaidé pour la vente du MES afin de réduire les impôts des Italiens, estimant que cet outil financier est inutile.

La Ligue s’oppose également à l’idée d’une armée européenne, craignant une subordination aux intérêts de Paris et de Berlin. « Si elle existait, nous serions sous les ordres de Paris ou de Berlin et nos enfants seraient déjà en guerre », a déclaré M. Salvini, préférant renforcer la sécurité intérieure italienne en augmentant les effectifs des forces de police aux frontières et dans les villes.

Sur la question des infrastructures, malgré les nombreux chantiers en cours sur le réseau ferroviaire, M. Salvini reconnaît l’existence de retards. « Même un retard serait trop long, mais ce matin nous avons 1 300 chantiers ouverts sur les voies dans toute l’Italie, un record absolu », a-t-il précisé, soulignant que ces travaux sont nécessaires pour améliorer la sécurité et la rapidité du transport ferroviaire.

Concernant le déploiement de l’armée pour des tâches autres que la défense, la Ligue se positionne en faveur d’un renforcement de la présence militaire dans les rues, contrairement au ministre Crosetto. « Les « rues sûres » ne devraient pas être supprimées mais augmentées », a affirmé M. Salvini, proposant d’augmenter le nombre de soldats déployés pour assurer la sécurité des citoyens.

Enfin, la Ligue se montre critique envers les divisions au sein des syndicats et condamne la violence. « Bien sûr : alors que le Hamas a lui-même été contraint de s’asseoir à la table des négociations, il existe en Italie des irresponsables qui ne baissent pas les bras et font l’éloge de la violence », a déclaré M. Salvini, tout en défendant la liberté d’expression et en saluant l’engagement de La Verità.

En ce qui concerne la prochaine loi de finances, la Ligue met l’accent sur une « paix fiscale » avec la suppression des factures fiscales impayées jusqu’au 31 décembre 2023, payables en neuf ans sans pénalités. M. Salvini a également salué l’obtention de dix milliards d’euros auprès des banques pour réduire les impôts et embaucher des policiers.

Sur la question de l’or détenu par la Banque d’Italie, M. Salvini a rappelé que cet or appartient aux Italiens et a exprimé sa confiance dans la capacité du gouvernement à trouver une solution.

Enfin, concernant les accusations portées contre lui dans le cadre d’une enquête sur l’immigration, M. Salvini a exprimé son indignation et sa colère, affirmant que défendre les frontières ne peut être un crime et qu’une éventuelle condamnation plongerait l’Italie dans le chaos.

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