Publié le 5 janvier 2026 à 09h26. L’intervention militaire américaine au Venezuela, qui a abouti à l’arrestation de Nicolás Maduro, marque un tournant inquiétant dans la politique étrangère de l’administration Trump, ravivant les craintes d’une escalade des tensions internationales et d’un retour aux interventions unilatérales.
- L’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis suscite une réaction internationale mesurée, en partie due à la réputation du dirigeant vénézuélien.
- L’opération militaire, menée sans plan politique clair, illustre une approche radicale au sein de l’administration américaine, où les voix modératrices se sont faites plus rares.
- Les ambitions de l’administration Trump s’étendent au-delà du Venezuela, avec des spéculations sur d’éventuelles interventions en Colombie, au Nicaragua, en Iran ou à Cuba.
L’extraction de Nicolás Maduro, effectuée vendredi soir, a pris le monde par surprise. Si le dirigeant vénézuélien était largement considéré comme un autocrate corrompu, ayant manipulé les élections et n’étant pas reconnu par la plupart des nations, y compris l’Union européenne, l’enlèvement violent par une puissance étrangère soulève des questions fondamentales sur le droit international et la souveraineté des États. La réaction internationale, bien que discrète, témoigne d’une peur grandissante face à une politique étrangère américaine de plus en plus imprévisible.
Cette intervention s’inscrit dans un contexte géopolitique déjà tendu. Alors que l’année 2026 était initialement perçue comme une possible année de paix, avec des avancées potentielles dans les négociations entre les États-Unis, la Russie et l’Ukraine, les frappes aériennes américaines au Nigeria, survenues juste après Noël, et l’opération au Venezuela ont rapidement dissipé ces espoirs. L’intervention en Amérique latine, une pratique récurrente pour les États-Unis au cours des dernières décennies, relance les inquiétudes quant à une nouvelle ère d’ingérence.
L’absence de figures modératrices au sein de l’administration Trump est particulièrement préoccupante. Contrairement à son premier mandat, où des personnalités comme le secrétaire d’État Rex Tillerson, le conseiller à la sécurité nationale McMaster, le chef d’état-major Kelly et surtout le secrétaire à la Défense Mattis avaient su freiner les impulsions les plus radicales du président, l’actuelle équipe semble plus encline à l’escalade. Mattis, par exemple, avait refusé de fournir à Trump les « options militaires » qu’il souhaitait concernant le Venezuela, ce qui avait provoqué la colère du président. Aujourd’hui, cette opposition interne semble avoir disparu.
Le ministre de la Guerre Hegseth, bien que se plaignant des conflits à l’étranger, semble activement chercher à intensifier les tensions sur tous les fronts. De même, le secrétaire d’État Rubio est animé par une obsession personnelle : le renversement du régime cubain, motivée par l’histoire de fuite de ses parents. Le fait que le Venezuela soutienne Cuba grâce à la fourniture de pétrole gratuit a contribué à orienter l’attention américaine vers Caracas.
Le succès apparent de cette opération militaire ne devrait pas masquer les risques qu’elle représente. L’expérience a montré que le renversement d’un dictateur n’est que la première étape, et que la stabilisation du pays et la gestion des forces libérées constituent un défi bien plus complexe. Trump semble croire que l’élimination de Maduro donne aux États-Unis un contrôle direct sur le Venezuela et ses ressources pétrolières, une illusion qui pourrait s’avérer coûteuse.
Selon un article universitaire récent, Trump nourrit une vision « néo-royaliste » de la politique internationale, ne considérant que les dirigeants comme des acteurs clés. Il semble penser que ses relations personnelles avec ces dirigeants suffisent à définir la politique mondiale, et que la menace, l’apaisement ou même l’enlèvement de ces derniers permettra aux États-Unis d’atteindre leurs objectifs. Cette approche simpliste et personnalisée est particulièrement inquiétante.
Les premières « expériences » de Trump semblent l’encourager, et des spéculations sur d’éventuelles interventions en Colombie, au Nicaragua, en Iran ou à Cuba circulent déjà. Il est donc probable que 2026 ne soit pas l’année de la paix internationale, mais plutôt une année de peur mondiale.
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